Suite… « Donc, peu m’importe l’interprétation cannanéenne de Mr Mourey (j’admets néanmoins d’avoir toujours été troublé par cette symbolique du Lion en Europe, région dont cet animal est absent). Je pense qu’à l’origine sa réflexion est purement stratégique et qu’il cherche tout les arguments possibles et inimaginables (sans votre érudition linguistique) dans le seul but de faire des fouilles à Mont-Saint-Vincent. »
Cela est faux mon cher Ffi, la présence du lion en Europe est attestée jusqu’au début du Ier siècle ap JC en Europe Occidentale et fin de ce même siècle en Europe Orientale (espace balkanique et Grèce notamment), il se maintiendra plus à l’Est et dans le Caucase jusqu’aux alentours du Xème siècle ap JC : donc nul besoin d’aller chercher des lions en Canaan, les Romains eux-mêmes se fournissaient en Panthera leo europaea en Europe : que ce soit pour la chasse sportive ou les jeux du cirque : surexploitation qui a sans doute conduit à sa disparition de notre continent. Donc un autre argument fantaisiste qui s’envole…je sais c’est triste…
« Il se trouve que je partage avec lui l’idée que cet emplacement pourrait bien apporter des éléments très intéressants d’un point de vue historique. »
Je vous l’ai déjà dit, je n’ai pas de blocage particulier à l’encontre de l’hypothèse de M. Mourey : je bloque : 1) sur l’absence d’arguments ou éléments suffisamment pertinents 2) sur la mutation en postulat et le refus d’intégrer les éléments proposés par ses contradicteurs 3) sur l’existence de nombreuses configurations similaires
« Si vous regardez les évènements dans l’espace de l’Asie centrale, Alexandre le Grand, les Turcs, les perses, les arabes, les mongols, même les scythes : les contraintes du terrain obligent physiquement les hommes à suivre toujours les mêmes routes (la route de la soie). Même aux temps modernes, voyez le grand-jeu entre Russe et Britannique, ou encore aujourd’hui avec l’Otan. »
C’est très bien que vous parliez
de l’espace
eurasien, puisque c’est dans cette direction que j’ai invité M. Mourey
ainsi qu’Antenor à regarder ne serait-ce qu’un peu : leurs réactions ne
m’ont pas étonné…De la même façon, j’ai insisté sur l’axe-espace danubien :
car entre espace steppique et espace danubien : je retrouve tout comme
vous ces axes majeurs de diffusion
(culturelle notamment), de migration, d’invasion, d’échanges économiques,etc…Mais
cela ne semble pas intéresser M. Mourey qui pourtant se targue d’avoir une
perspective stratégique mais ne
décèle pas cet axe hautement stratégique bien entendu : bref, je ne vais
pas me répéter, et vous invite à lire mes longs commentaires sur cette
question.
bon concluons : « Je trouve que
cela a du sens. » oui cela a peut-être du sens, mais cela ne suffit pas à mobiliser des
équipes d’archéologues, mettre en place une véritable logistique,etc..etc…il
faut un peu plus.
Sur le caractère merveilleux du
site ou lieu, je ne vous contredirai pas, mais les perspectives romantique ou poétique ont généralement des effets
indésirables dans les domaines qui nous concernent.
« Quant à concevoir que les anciens
pensaient la stratégie militaire comme nous le penserions nous-même et s’en
servir comme indice, c’est une opinion.
C’est aussi une opinion de concevoir qu’ils pensaient différemment et donc
qu’il est impossible de se servir de son empathie comme indice. »
Non, Ffi, il ne s’agit pas là d’opinion, encore une fois : objectivité : il s’agit de prendre en compte des facteurs non seulement militaires (armement (ex : épée, hache ou arc ?, cavalerie ou infanterie ? armure ou non ?armes de siège ?etc…) mais aussi des facteurs culturels ( pratiques rituelles, superstitions, lieux sacrés,etc..) : enfin je ne réfute pas la perspective empathique mais la capacité objective à se mettre à la place de l’autre : position objective et non jugement de valeur ou opinion : la Culture nous forme, et si ce n’est cela nous déforme en partie…
« En fait cette logique est largement imposée par les contraintes géophysiques. Les routes du commerce tendent à emprunter les vallées, non les lieux accidentés, tandis que les places fortes se forment sur les escarpements, non en plaine ouverte. »
Encore une fois, là n’est pas la question : la question est de fournir suffisamment d’éléments ou arguments pour lancer une réflexion, et bien entendu accepter que telle ou telle hypothèse soit débattue : sans cela toute la valeur que l’on peut attribuer à une intuition potentiellement juste disparaît dans une approche relevant de plus de la spéculation jusqu’à tendre à l’affabulation, la fiction, bref le champ du Fantasme ou de l’Imaginaire ; or cela ne peut servir de point de départ à une hypothèse de travail, rappelons-le scientifique tout de même…
Sur ce, il me semble que nous avons fait le tour de la question : et une fois considérer la possibilité d’une intuition potentiellement juste, je vous demanderai donc de franchir l’étape intuition et de me fournir des arguments, éléments pertinents ou faits objectifs pouvant supporter le passage à l’étape hypothèse de travail.
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