Monsieur Bonnet,
De par sa nature, une
baudruche ne peut que résolument tendre vers l’instant où elle se dégonflera,
et où sa flasque constitution apparaîtra enfin à tous. Mais là n’est point le
problème : le problème réside dans ce système impie, autant contraire à la
Raison qu’à Dieu, et que certains appellent Démocratie, mais que mon confesseur,
le Père Sénile de Mont-à-sec,préfère nommer, à juste raison, démoncratie lors
de ses dominicaux prêches.
Car voyez-vou,s Monsieur Bonnet,
notre système politique est à une juste et sage politique ce que la fosse à
purin est au bain turc, bain turc dont j’apprécie la fréquentation, et qui
entre la suavité procurée par la vue de ces petits négrillons aux culs bombés
et la garantie de la compagnie de gentilshommes de nobles naissances, offre à
un esprit raffiné et porté aux choses de la Raison le calme nécessaire à toute
réflexion digne de ce nom.
Ce que, et vous en
conviendrez, ne peut être permis par la fréquentation d’une fosse à purin,
quand bien même, certaines de nos jeunes paysannes sont autant agréables aux
yeux d’un gentilhomme épris de paysages rustiques qu’à ses viriles parties attirées
par d’impérieux mouvements de sa nature vers de champêtres vallées et collines.
Ainsi, pour en revenir à cette
démoncratie ; par ce processus infernal nommé suffrage universel, celle-ci
ne sert qu’à l’exaltation de la médiocrité et du vice, à l’élimination du juste
et du sage, de ceux qui par noble naissance et condition sont destinés à
gouverner notre nation ; la démoncratie n’est que la haine de cette
aristocratie naturelle que Dieu tout comme la Raison destine au gouvernement
des hommes et de la Cité.
Ne vous étonnez donc point,
Monsieur Bonnet, que par cette aberration autant contraire aux lois divines qu’aux
lois naturelles, baudruches et bouffons, et autres individus dépourvus autant
de valeur que d’intelligence, dépourvus autant de capacités intellectuelles que
d’éducation, se voient être nos gouvernants, car la cause est d’avoir permis à
des masses elles aussi dépourvues autant de valeur que d’intelligence, dépourvues
autant de capacités intellectuelles que d’éducation, de se voir confier le
droit de vote ! Or autant la Nature que la Raison ne saurait tolérer que
ceux qui n’ont point d’intelligence politique se voient permis d’interférer
dans le gouvernement de la Cité ou des hommes.
Non, Monsieur Bonnet, ni la
Raison, ni la Nature ne sauraient tolérer plus encore le gouvernement des
baudruches et bouffons, ni ne confier quelconque pouvoir à ces masses
illettrées et brutales, dont l’inclination naturelle tend vers la barbarie et
non la civilisation : cela est une véritable insulte autant à l’Esprit qu’à
l’Intelligence, que d’enfreindre ainsi et sans vergogne, les lois naturelles et
divines, en éliminant le naturel processus de sélection et d’affinement qui
permet à ceux dont la destinée est de former la caste des grands hommes de
notre nation d’accéder aux fonctions qui leur sont naturellement réservées et
d’ainsi de mener la plus juste et sage des politiques : la seule à même de
régénérer notre nation et d’en finir avec ces nouveautés progressistes qui sont
autant étrangères que contraires à l’Esprit de notre nation.
Et en cela, nous devons abattre
l’arbre impie ainsi que les fruits pourris de la satanique révolution de 1789,
qui vit la défaite du très chrétien et noble Saint Georges face au diabolique
et roturier dragon ! La défaite de l’Esprit et de la Lumière face aux légions de
l’Ombre et du Mal : les légions de Satan, Monsieur Bonnet !
Jamais plus grand crime ne fût
commis dans notre sainte patrie, fille chérie de Notre Sainte Mère l’Eglise, ainsi
je vous invite, le plus courtoisement, Monsieur Bonnet, à soutenir la restauration
du Roi très-chrétien sur son antique trône, et avec nous, forces de la Lumière,
croisés de Dieu et de la Raison, lui faire triomphe, relever son oriflamme et
clamer tous ensemble Christus Regnat, Vincit, Imperat !
Chacun à sa place, à son rang,
et la foule sera bien gardée !