Bon, j’ai lu la seconde partie de
votre texte et je comprends mieux votre attente. D’abord, méfiez-vous de ce que
vous pouvez lire sur le net, surtout dans les forums psy et médecine. Tout le
monde se déclare malade ou trouve des pathologies aux autres. N’oubliez pas, et
c’est essentiel, qu’un ensemble de
symptômes ne forment pas le syndrome. Je crois que les docteurs d’Avox
ne me contrediront pas. Il faut aussi faire attention avec le terme de
pathologie ; seul un professionnel peut en parler. J’ai une spé en psy
cognitive aussi mes connaissances en psy clinique sont beaucoup trop minces –
et trop anciennes - pour employer le mot « pathologie ». Si tout ça
vous intéresse, je ne peux que vous inviter à vous inscrire en fac à Toulouse,
ou à suivre des cours à distance via Paris 8. Vous pourrez aussi aisément vous
procurer une bonne bibliographie auprès d’un prof, et aller consulter des
vidéos sur canal-U. Je précise que la psychologie est l’une des seules
formations où la VAE
ne fonctionne pas, c’est vous dire l’importance de suivre le cursus en entier
pour bien comprendre cette discipline.
Rien n’indique dans votre
narration que Vincent souffre d’une pathologie. Un homme quitte rarement (inférieur
à 25% des cas) sa compagne lorsque cette dernière ne l’intéresse plus, au
contraire d’une femme. Mais un homme modifiera son comportement pour que la
femme le quitte, c’est très fréquent. Il y a une probabilité plus grande pour
que Vincent ait rencontré une autre femme qu’il souffre de pathologie. Surtout,
ce qu’Emilie doit éviter, c’est culpabiliser. Elle n’y est pour rien.
Je rappelle que selon Lucy Vincent,
neurobiologiste (et les neuroscience sont mon domaine, même s’il est bcp trop
vaste pour que je sache tout ; j’apprends pourtant tous les jours !),
l’amour dure 3 ans, le temps que l’enfant soit plus autonome et il n’a alors
besoin que d’un seul parent. Voir son dernier livre « Petits Arrangements avec l’amour »,
vous en apprendrez beaucoup.
Hommes et femmes se choisissent en
raison de la complémentarité de leur système immunitaire, afin de mettre au
monde un enfant qui sera plus fort qu’eux. La femme, cueilleuse, a besoin de
stabilité, comme je l’ai déjà dit. Les hommes apprécient par devers eux les
femmes aux hanches assez larges, parce que c’est un signe très ancien (et
dépassé aujourd’hui en raison de l’assistance médicale à la naissance) que l’enfant
naîtra bien. Les femmes apprécient les hommes forts (anciennement force
physique même si c’est toujours d’actualité sous certaines conditions ;
aujourd’hui ceux qui ont les moyens financiers) parce qu’ils pourront les
protéger, donc protéger l’enfant. L’homme, non seulement est un chasseur – donc
besoin de mobilité -, mais il n’est pas sûr d’être le père de son enfant. Il a
donc le besoin d’essaimer sa « petite graine » partout pour être
certain que ses gènes vont perdurer. On peut résumer cela par « la femme
vénale, l’homme infidèle ». Mais il n’y a aucune culpabilité à avoir ;
c’est la perpétuation de l’espèce qui nous guide tous. Naturellement, avec les
progrès scientifiques (contrôle des naissances, pourquoi pas clonage dans le
futur) et les modifications sociétales (les femmes ont de moins en moins besoin
d’un homme prédateur, costaud ou riche, parce qu’elles sont plus autonomes sur
la plan financier), tout cela change progressivement.
Pour entretenir un couple au-delà
des 3 ans, je répète aussi qu’il faut beaucoup se toucher. Cela provoque la
production d’oxytocine, de dopamine et de sérotonine, neurohormones et
neurotransmetteurs du bonheur. Et le sport pour les endorphines.
Si vous voulez écrire d’autres
articles sur le couple, je ne peux que vous conseiller de lire Lucy Vincent (cet
auteur a publié d’autres livres sur le sujet) pour le domaine neurobiologique,
François de Singly pour la sociologie. Ce dernier est un peu dépassé, mais d’une
lecture très abordable. Et laissez les thèses freudiennes de côté, ça n’est
plus du tout d’actualité. Sûr que Zen va me taper sur les doigts.