Les fruits de quelle croissance, Monsieur Santi ?
Si nous avons dû emprunter pour maintenir les privilèges corporatistes, c’est précisément parce que leur poids a lourdement grévé notre capacité de croissance. En France, comme en Grèce, les Etats ont cherché à compenser le chômage par des emplois publics financéspar le secteur privé. Et plus l’Etat a recruté, plus il a accordé de privilèges à ses protégés, puisque leur poids électoral augmentait proportionnellement.
Le résultat a été contre productif, la charge des emplois subventionnés sur le secteur productif a induit un chômage récurrent, les entreprises n’ayant d’autre choix qu’investir sur la productivité du capital pour survivre. La sécurité d’une minorité a été financée par l’insécurité de la majorité.
Il est l’heure de faire les comptes, et nous allons tous cette fois payer l’addition d’un clientélisme qui aura duré tant qu’il aura pu. Pour avoir voulu imiter les républiques bananières de la Franceafrique, nous allons en subir la même humiliation, passant par les fourches caudines du FMI.
Un bien triste destin pour un pays qui fut, il y a 200 ans, une locomotive mondiale. Nous sommes aujourd’hui condamnés à nous arrimer à d’autres locomotives, à défaut de moteur pour nous propulser, il ne nous reste que des wagons.