Je perçois une forme de malhonnêteté intellectuelle dans cet article.
Quand se produit un crash aérien et que l’on procède à une enquête pour en déterminer les causes et prendre éventuellement les mesures qui éviteront à l’avenir le même accident, personne ne vient s’y opposer en arguant que le risque zéro n’existe pas et que l’avion reste le moyen de transport le plus sûr au monde. Tout au contraire, chacun comprend parfaitement que même si en matière de sécurité aérienne la perfection n’existe pas, il est sage de travailler à réduire toujours davantage le risque.
Seulement voilà, pourquoi quand il se produit des actes criminels sommes-nous systématiquement confrontés à une kyrielle d’individus qui voudraient que l’on n’en tienne cette fois aucun compte et l’on n’en tire aucune conséquence susceptible d’améliorer davantage notre sécurité ? Pourquoi apparaît-il normal à ces gens d’améliorer à l’infini la sécurité aérienne, mais il n’en est pas de même pour la sécurité des personnes, dans nos rues et nos maisons ?
Si vous leur posez la question, vous aurez droit à la réponse habituelle, c’est-à-dire que trop de sécurité nuit à notre liberté. En d’autres termes, à trop vouloir être en sécurité on en vient à rester cloîtrer chez soi, dans sa forteresse. C’est un peu comme si on disait que trop de sécurité aérienne tue le voyage en avion puisque la position la plus sûre pour celui-ci, c’est quand il est immobilisé au sol...
Bien entendu c’est absurde mais cela démontre en tout cas une chose :
Les pourfendeurs du sécuritarisme n’obéissent pas comme ils se l’imaginent à leur raison mais à des sentiment passionnels. S’ils réfléchissaient sereinement sans laisser la passion et l’idéologie troubler leur jugement, ils réaliserait que dans toute société ou l’on attend de l’individu qu’il participe par son travail individuel au bien-être du groupe, le respect de l’ordre, de la règle et la sécurité des personnes sont le substrat de la communauté. Pour qu’un système organisé fonctionne au mieux, il convient de limiter autant qu’on le peut et donc toujours davantage le nombre de tricheurs. C’est du bon sens ! Car plus il y en aura qui dérogeront à la règle, moins sera performant le système et moins la vie en société concourra au bonheur collectif. L’on ne peut certes pas espérer ramener le nombre des tricheurs à zéro, mais plus l’on tendra vers ce chiffre, plus agréable et performante sera la communauté dans la satisfaction du bien-être collectif.
Il est clair que l’on ne peut efficacement travailler en coopération à l’intérêt commun sans un respect le plus total possible des règles. Un peuple qui n’est pas capable de comprendre cela ne doit pas s’étonner de retrouver au pouvoir dans son pays des gens qui n’ont eux-mêmes aucun respect des règles. A chaque élection régionale, municipale ou législative nous élisons régulièrement et sans sourciller des gens qui ont été déjà condamné par la justice pour leur mépris des lois. Pourtant nous nous étonnons encore benoîtement de voir que les tricheurs foisonnent aujourd’hui jusqu’au sommet de l’état...