Le droit d’asile est né à l’époque de la Guerre Froide. Et il est né de ce côté-ci du Rideau de fer afin non pas d’accueillir tous les malheureux qui étaient de l’autre côté mais juste ce qu’il fallait pour humilier l’ennemi communiste (et nous démarrions nos fameuses 30 glorieuses, il fallait reconstruire nos pays ruinés)
Cette époque est révolue et nous commerçons désormais avec le monde entier. On ne peut pas asiler un fuyard sans se fâcher avec un de nos partenaires commerciaux.
Heureusement que Aung Saan Suu Kyi ne demande ni à sortir de sa Birmanie ni à être asilée chez nous, on serait mal, mal mal car ça regorde de pétrole là-bas et ça va manquer grave.
Ce sont des petits malin qui convoquent le droit d’asile en sachant très bien que ça n’a pas de sens désormais. On ne le réforme pas parce qu’on préfère l’avoir sous le coude comme arme de dissuasion politique mais rien de plus.
Ce droit a toujours été, comme absolument tous les droits, assujettis au bon vouloir du Pouvoir. Ce n’est qu’un droit à supplier à genoux.
Comme tous les droits, il a essentiellement un effet marketing (« soumettez-vous au principe de l’Etat, de représentants, de chefs et vous aurez des droits, enfin des droits ») à la fois sur ses propres sujets (oui nous sommes des sujets malgré l’étiquette de citoyens) et sur les états concurrents (« Ici, dans notre pays, nos gens ont des droits »)