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Analis 29 janvier 2011 11:11

Pour préciser ce que j’avançais au sujet de la piste financière et du cul-de-sac qu’elle semble représenter :

-Du côté pakistanais, on sait que les militaires concernés avaient bien reçu toutes leurs commissions. Plus que ça : comme le note Hervé Martin dans Le canard enchaîné (n°4700 du 24 novembre), les français leur avaient accordé des conditions particulièrement avantageuses :

......

Les Français ont même poussé l’amabilité jusqu’à accorder aux Pakistanais, fin 1999, un rééchelonnement de plusieurs années du paiement des sous-marins, qui devait initialement s’achever en 2005. Puis, au sein du Club de Paris, ils ont obtenu, en décembre 2001 - soit seulement six mois avant l’attentat -, le réaménagement de la dette pakistanaise de 38 milliards dans des conditions jugées « exceptionelles » par le quotidien économique « Les Echos » (11/09/2002). Les Pakistanais n’avaient alors pas vraiment de raisons d’en vouloir aux Français. Au contraire.

Cette hypothétique vengeance se heurte aussi à une incohérence chronologique. L’attentat est en effet intervenu six ans après la fermeture du robinet ordonnée par Chirac, en mai 1996. « Un tel délai est incompréhensible, explique au »Canard« l’un des responsables de la DCN à Karachi. Jusqu’aux attentats du 11 septembre 2001, nous étions une bonne centaine de Français sur place, sans aucune protection, et nous représentions une cible facile pour d’éventuelles représailles. Pourquoi n’avoir pas frappé à ce moment-là ? En 2002, nous n’étions plus qu’une trentaine, et un dispositif de protection avait été mise en place depuis 2001, ce qui rendait une attaque plus difficile. »

Mais hélas, pas impossible...
......

Cela rend aussi bien peu vraisemblable la piste des sous-marins indiens.

-Il reste certes la piste des intermédiaires séoudiens et libanais. Cependant, un fait est là aussi bien établi : l’essentiel des commissions qui leur étaient destinées, celles sur lesquelles pèsent des soupçons de rétro-commissions, avaient été versées. Soit environ 85% des 550 millions de francs promis. Un intermédiaire se serait-il vengé pour quelques dizaines de millions de francs sur 550 ? C’est toujours du dmmaine du possible, mais cela paraît un peu léger. Surtout que cela suppose qu’il aurait réussi à convaincre un réseau djihadiste de mener cette besogne pour lui, éventuellement en faisant jouer son influence auprès d’agents pakistanais ou séoudiens manipulant ce réseau. Ils ont sans doute bien d’autres choses à faire. Il apparait aussi que les séoudiens n’étaient pas mécontents de voir taris les financements promis à des intermédiaires qu’ils jugeaient trop gourmands. Takkieddine et ses amis n’avaient guère de marges de manoeuvre.

Pour mémoire, je cite une autre explication avancée par Serge Raffy dans Le nouvel observateur (n°2403 du 25 novembre, pp.60-62) :
......

Que vient en effet de mettre au jour le magistrat ? Que Jean-Marie Boivin, en septembre 2001, a été chargé par les autorités françaises de négocier un arrangement avec l’intermédiaire Andrew Wang, à Genève, et qu’il lui aurait remis la somme de 83 millions de francs contre son silence et la reconstitution des contrats originaux de toutes les commissions liée aux frégates de Taïwan. Prudent, Boivin a conservé les documents dans son coffre de l’UBS à Zurich. Dans le milieu des intermédiaires, cette entorse au blocage des commissions par Jacques Chirac provoque l’indignation et la colère. La DCN et certains contacts au ministère de la Défense sont alors menacés de représailles. « Cette piste d’une vengeance du réseau floué, en l’occurence celui du Libanais El-Assir et du Saoudien Cheikh Ali Ben Musalam, est de plus en plus plausible, souligne un policier chargé de l’enquête. Les deux hommes étaient très liés aux services secrets pakistanais et aux réseaux terroristes islamistes. Ali Ben Musalam, décédé curieusement en 2004 dans des conditions mystérieuses, était connu pour financer les mouvements les plus radicaux au Pakistan. A-t’il été victime d’une opération »homo« (une exécution) par les services français à cette époque ? »

......


Plutôt alambiquée et peu convaincante. Le but, je pense, était d’expliquer pourquoi les intermédiaires mécontents avaient atttendu mai 2002 pour se venger. Non seulement six ans après les faits, mais justement après qu’une protection ait été mise en place ; alors qu’ils n’avaient pas bougé durant tout le temps où les employés de DCN ne bénéficiaient pas de protection.


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