Bon article. Pas d’accord vraiment avec l’impertinence supposé des nouveaux humoristes, qui évitent sagement les sujets qui fâchent, tout en se donnant un mal de chien pour tacher de paraitre irrévérencieux. L’exercice est difficile, mais encouragé par les journalistes du plateau, qui font semblant eux aussi de se lâcher, et rient aux blagues laborieuses ( alors que la consigne était de ne pas rire, quand les anciens humoristes sévissaient). Il y en dans cette radio qu’on écoute plus que par habitude un raidissement, un oubli de ses valeurs passées. Même s’il n’y pas l’image, le malaise s’insinue au delà des ondes. Les matinales, c’est comme ces soirées dont on ne sait pas vraiment pourquoi elles sont ratées, sans même avoir envie de pousser une fois de plus l’analyse. Et l’on se dit que voilà une relation qui s’étiole.
Jean Luc Hess a sans doute au mieux géré sa carrière. Je me souviens que je l’appréciais beaucoup dans les années 70. Ce petit coté cabotin, et cette légère manie de la brosse à reluire, je ne lui en tenais pas rigueur, tant il était tempéré par la bonne tenue de son émission. Et cette voix qui vous charmait.
Force est de constater combien il s’est fourvoyé. Mégalomanie, arrivisme ? Je me souviens cette façon de s’approprier le siège du speaker le 11 Septembre 2001, sous prétexte qu’il était le « spécialiste » des états-Unis. Il avait un ton tranchant, une analyse radicale. Il remettait vertement à leur place les auditeurs qui osaient donner un avis nuancé, oubliant par là sa mission, qui était de distribuer la parole sans prendre position. Ce jour là j’avais découvert un nouveau Hess, pendant Jykell du gentil mister Hide. Et le reste ne m’a pas vraiment surpris !