• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


En réponse à :


easy easy 11 avril 2011 19:49

Je comprends que vous ayez voulu, à l’instar d’un Hugo banni, sauver quelque Esméralda de l’opprobre grâce à votre index.
Je comprends que vous ayez trouvé plus marquant d’offrir aux prostituées le magnificat de Marie.
Mais comme Hugo, vous séduisez par l’eros et le fantasme. Comme Hugo, vous l’emportez par la forme, le visuel et le sensuel. Comme Hugo, vous nous tenez par le nerf de la concupiscence, non par celui de la raison. Comme Hugo, vous privilégiez le pathos et l’èthos au logos.

En bon pygmalion, Hugo avait le choix de ses personnages. Il pouvait leur accorder la longueur de cils et de jambes qu’il voulait. Et voilà que pour nous faire aimer une tsigane, il lui accorde le physique qu’il faut pour rendre fou n’importe quel saint. 

Inversement, Dostoïevski refusait le romantisme et visait la lucidité en conservant un étonnant amour social. Il inventait des personnages qui n’avaient jamais un physique à tomber. On s’intéresse à eux sans chercher à les retrouver dans la vraie vie parce qu’ils sont plus à l’image de nous-même qu’à l’image d’un idéal à arracher des griffes d’un dragon.

Quand on veut démontrer à travers une émission que la prostitution est une horreur, on ne montre que des laides forcées à 60 passes par jour, prisonnières de décors minables et suffoquant sous des tas de clients piteux. L’image à elle seule fait tout le travail de démonstration.

Quand on veut démontrer au contraire que la prostitution n’est pas forcément un repoussoir, on montre des femmes très belles, s’affirmant indépendantes et heureuses. Elles sont mobiles. Leurs clients sont sélectionnés et épanouis. Les décors sont valorisants. L’image à elle seule fait là encore tout le travail de démonstration.

Dans les deux cas on se sera servi essentiellement de l’effet visuel. 


Un Dostoïevski aura suffisamment de pugnacité pour procéder à un échange image/commentaires. Il montrerait les images d’un reportage méprisant la prostitution et il y superposerait son logos montrant ce que les âmes des protagonistes contiennent d’humain et de commun à tous.





Je ne sais pas si tonton Magnon était aussi sensible que nous au visuel. Mais tonton Aristote fondait certainement à la seule vue d’une belle et tonton Mitterrand était au moins aussi fusible. Ca ne s’arrange donc pas pour dame raison.

Arrive alors la question du sphinx : Pourquoi tous les châteaux rhétoriques s’écroulent face à une beauté silencieuse ?


Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON


Palmarès