Précision au sujet des « indentured servants » aux Amériques :
il s’agissait d’un esclavage à dirée déterminée (l’« endenture », vieux terme français, signifiait un document recopié à l’identique sur la même feuille de parchemin, lequel était ensuite séparé par un découpage en zigzag ; on pouvait donc réunir les deux et déterminer qu’ils n’avaient pas été modifiés, cette technique servait aussi pour le recrutement de mercenaires), généralement de cinq à sept ans. Ainsi le « servant » s’acquittait d’une peine de prison, parfois même d’une peine capitale commuée en service (il y avait 200 motifs de peine capitale en GB au XVIIe-XVIIIe siècle). Il pouvait aussi payer son passage par ce moyen.
La différence avec les esclaves africains c’est que l’indentured servant récupérait tous ses droits à l’échéance du contrat.
Ce qui caractérise l’esclavage des Noirs en Amérique n’est pas tant la dureté des conditions de vie (l’esclave était un bien de valeur, payé cher, on avait donc intérêt à le maintenir en bonne santé, et la longévité des esclaves était sensiblement la même que celle de leurs maîtres... alors que les « wage slaves » des usines du Nord...) que la confusion de l’état servile et de la couleur de la peau. Rares étaient les états qui proposaient autre chose qu’une citoyenneté au rabais aux esclaves noirs libérés.