D’abord, il ne faut pas oublier qu’on peut parfaitement rester dans l’UE tout en sortant de l’euro (c’est la position défendue par Marine Le Pen, notamment). Cela nécessite simplement des ajustements tels qu’à mon avis, la sortie de l’euro devrait être planifiée sur une décennie, comme fut planifiée sur une décennie la création de l’euro.
Ensuite, il ne faut pas oublier que le traité de Lisbonne « remplace » les traités de Nice et d’Amsterdam. En d’autres termes, la dénonciation du traité de Lisbonne ne conduit pas au retour au statu quo ante mais bien une libération du carcan des traités européens. Reste celui de Maastricht dont les seuls éléments qui ne sont pas repris dans les traités postérieurs sont l’établissement de l’euro et de la banque centrale européenne. Ce qui conduit précisément à la question de l’euro, à laquelle le Front de Gauche répond clairement dans le document que je vous mentionnais plus haut.
Pour ce qui est l’UE en soi, à titre tout à fait personnel, je pense que ce monstre informe, « agrégat inconstitué de peuples désunis » (Jacques Julliard dans le dernier numéro de Marianne, ce qui m’a bien fait rire quand on connaît l’européisme béat du bonhomme), est en train de ruiner la seule « construction européenne » possible : l’Europe des coopérations entre nations souveraines qui s’estiment et se respectent mutuellement, qui présente l’avantage de permettre un développement conjoint et un véritable partenariat économique (parce que là, l’Europe, c’est un petit peu l’Allemagne en plus grand...).