@Serpico
« le retour de manivelle a été impitoyable. C’est logique. c’est normal. C’est BIEN. »
Que le retour de manivelle soit « logique, normal », d’accord... Mais « Bien » ?
« l’algérien comptait 10 fois moins qu’un européen »
Vrai en général, mais il eut quand-même des Algériens citoyens français avec les mêmes droits que les autres. Des « collabos » ? Comme Ben Bella ou le fils de garde forestier Krim Belkacem, , sous-officiers de l’Armée française ? Ou comme les écrivains Mouloud Mammeri (professeur), Mouloud Ferraoun (directeur d’école à Alger), Mohammed Dib (instituteur et dessinateur de tapis ;communiste anticolonialiste ; prix de la francophonie 1994) ,Malek Hadddad (instituteur communiste, journaliste, fonctionnaire au ministère de l’Information et de la culture après l’indépendance) etc. A partir de quel moment, devient-on « collabo » ?
Je ne nie pas la légitimité de la révolte algérienne. Je trouve seulement qu’on ne peut pas résumer la présence française en Algérie comme vous le faites un peu vite : « toutes les enfumades, les massacres de villageois, hommes, femmes, enfants, vieillards, les oreilles coupées, les mains coupées, les carnets de routes obligatoires pour circuler, les regroupements dans les camps (déjà au XIX°), les fermes brûlées.. » Cela n’a pas été que cela et surtout pas tout le temps cela...
Comme l’action des militaires français n’a pas été uniquement répressive (personnellement, en 18 mois de présence militaire en Algérie, je n’ai tué, ni brutalisé, ni humilié personne ni donné aucun ordre en ce sens). J’ai eu par contre l’occasion de favoriser la scolarisation de petits « indigènes », de secourir des population pauvres, de défendre des villageois contre les autorités et d’arbitrer des « chicayas » entre paysans plus madrés les uns que les autres !
Je pense seulement que les « harkis » ont surtout eu le tort de croire aux promesses des tenants de la permanence de l’Algérie Française et de mal choisir leur camp. Et les signataires français des accords d’Evian ont eu tort de croire aux promesses du FLN !
J’ajoute que vous avez tort de parler des Algériens comme s’ils constituaient en 1954 un bloc uni contre le colonisateur. La revendication d’indépendance a d’abord été celle d’une élite et ne s’est pas imposée toute seule. Le sentiment national algérien s’est créé progressivement, surtout pendant la guerre d’Indépendance, à une époque où le colonialisme craquait de toutes parts.
Vous devriez lire l’« Histoire de l’Algérie coloniale(1830-1954) » de Benjamin Stora (Repères-La découverte-prix modique). Cela vous éviterait bien des approximations.
PS/ « je trouve indécent que vous essayiez de mettre sur la balance les actes du FLN et ceux de l’armée française : c’est malhonnête ».
Pour moi, la barbarie reste la barbarie. Les horreurs des uns ne justifie pas les horreurs des autres. Mais quand on torturait pour obtenir des renseignements, le but prétendait justifier les moyens. Quelle était la justification des couilles dans la bouche du pauvre bidasse tué dans un combat qu’il n’avait pas voulu, lui qui ne rêvait que de la « quille » ?