à Jihuss
"Les apprentis sorciers connaissaient parfaitement la difficulté
d’en convaincre ces peuples, ils ont voulu les « enchaîner » par des
subterfuges économiques toujours plus faciles à faire gober en phase d’expansion."
Bonjour, vous mettez le doigt sur l’une des explications majeures de l’impopularité de la méthode employée depuis 1995 pour faire avancer le projet européen.
L’Union européenne d’aujourd’hui (particulièrement avec le récent Traité de Lisbonne) est le projet des Etats et des gouvernements. Elle n’est nullement le projet des peuples, encore moins des citoyens, qui ne se reconnaissent pas dans sa structure et son fonctionnement actuels.
Les Chefs d’Etat européens pensent que le projet européen doit servir les intérêts des nations, au détriment de celle des citoyens. C’est ainsi la raison pour laquelle ils ont placé quelques personnalités (un casting très critiqué qui finalement leur convient très bien) aux postes clés de Président du Conseil européen, de Président de la Commission européenne et Haut Représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité... trois personnes qui brillent par leur dévotion aux Chefs d’Etat et qui se garderont bien, en cas de crise, de lever le petit doigt face à leurs pairs.
C’est aussi le cas lorsqu’ils décident - autre exemple - de soutenir le développement de certains aspects du marché unique, misant sur un regain de compétitivité gagnant pour leurs économies nationales, au détriment d’une cohérence des politiques industrielles, sans parler des politiques de l’emploi ou de la protection sociale, toutes sacrifiées sur l’autel de cette compétitivité.
L’Union européenne n’est pas celle des citoyens. C’est à mon sens une profonde erreur historique. Je reviendrai la dessus dans un papier prochainement.
Or, les Etats ne peuvent plus construire le projet européen seuls. Pour avancer, ils ont besoin du soutien des citoyens, des peuples et que l’ensemble du système devienne légitime et cohérent. Pour tous. On ne peut pas/plus vouloir penser un espace de vie commune...sans mettre en oeuvre des structures et des mécanismes qui permettent à tous les européens d’y trouver leur place et leur compte, de se sentir impliqués, d’y voir un avenir pour les jeunes, un projet qui au final fasse simplement l’unanimité.
Il y a des voies pour y arriver. Ceci nécessite un recadrage qu’il faudra bientôt débattre et des changements et corrections qu’il faudra présenter et appliquer.