Les Israëliens qui dénoncent les brutalités et les injustices sont l’honneur du pays, même si le trait est parfois un peu forcé.Il est difficile d’arrêter des prisonniers, de les enregistrer, de les enfermer sans inviter à des comparaisons avec le système nazi-la preuve,s’en prendre aux « rafles » des clandestins en rappelant les rafles des juifs pendant la guerre. Il ne faut pas oublier que le système concentrationnaire fut élaboré par les Britanniques à l’intention des Boërs (qui n’étaient pas, non plus des enfants de choeur, voir leur traitement abject des Africains). Ce qui caractérise le système nazi n’est ni le racialisme (partagé par beaucoup, à l’époque), ni le totalitarisme politique, mais le plan soigneusement mis en oeuvre d’anéantir une population entière, projet qui avait priorité sur tout, y compris l’effort de guerre. Le sionisme fut conçu notamment en réaction à l’Affaire Dreyfus : ce n’était pas le seul concept de foyer national élaboré à l’époque en réponse à des persécutions vraies ou résumées. Je ne citerai que le mouvement national musulman en Inde (comme bcp de sionistes, Ali Jinnah était athée, mais voyaient une convergence entre nation et religion, et le Pakistant qu’il envisageait n’avait rien à voir avec ce qu’il est devenu) ; l’expulsion des Palestiniens pendant et à la suite d’une guerre ressemble beaucoup à celle (tout aussi déplorable) des Grecs d’Asie Mineure à la suite de l’invasion repoussée par Atatürk - là aussi un état-nation naissant (la Turquie) était menacé de destruction et a réagi avec dureté, dans le souci de sa propre survie.
En revanche, le terme d’islamonazisme, pour choquant qu’il soit, rend compte d’un des principes fondamentaux des militants de cette obédence:l’extermination des Juifs, « croisés » et de tous les musulmans jugés traîtres ou apostats.