Cet article est impressionnant ! Si le pourcentage de vote pour chaque candidat décalque le taux de citation de ces mêmes candidats, on en arrive à former deux hypothèses :
1) Les jugements de valeur portés par les médias importent peu puisque la répartition des votes reflète parfaitement les citations, et donc d’une certaine façon la notoriété immédiate des candidats. Le vote marque une adhésion contrairement à la rédaction d’un article, mais au final qu’un article parle en bien ou en mal d’un candidat ne change rien, si l’on doit supposer une forme de « corrélation » (qui reste à préciser) entre taux de citations et pourcentage de vote. Si tel est le cas, la stratégie du « tout sauf Sarkozy » s’en trouve mise à mal. Mieux vaudrait l’ignorer pour le battre !
2) Même si « les médias ne font pas le vote », la question se pose : La liberté d’esprit revendiquée par les électeurs lors de cette campagne ne serait-elle qu’une vue de l’esprit ? On ne peut qu’être frappée par la correspondance du monde virtuel des médias et du monde réel du vote. Voilà une profonde blessure narcissique pour l’individu contemporain si fier de son indépendance à l’égard du matraquage médiatique.
Trois remarques cependant :
1) votre analyse ne prend pas en compte les citations dont bénéficient les candidats dans l’audiovisuel. Doit-on supposer que par hypothèse vous supposez qu’il n’y pas de différence sensible de traitement des candidats dans les différents médias, écrits ou parlés ? Il me semble que l’égalité du temps de parole au moment de la campagne officielle d’une part et l’omniprésence des principaux candidats avant cette mème campagne d’autre part devraient donner des résultats sensiblement différents dans l’audiovisuel.
2) J’ai du mal à comprendre ce que « prévoir sans le savoir » veut dire. Est-ce à dire qu’il faut considérer « les médias » dans leur ensemble comme une sorte de sujet sans conscience, une Pythie qui parle comme malgré elle et n’accède au sens de ses propres paroles que par le truchement d’un collège de statisticiens, dépositaire d’un savoir sacré qui, idéalement, permettrait de connaitre la vérité d’une élection avant même qu’elle n’aie lieu ?
3)Les médias prétendent décrire et/ou analyser. Or à lire votre excellente analyse vous faites comme si ces dimensions analytiques et descriptives n’importaient pas et que seul comptait l’occurence des noms propres. C’est assez vertigineux !