@ Monsieur Red
Si vous adoptez un ton plus civil, je ne vois aucun inconvénient à vous répondre. Au contraire. Comme vous l’avez peut-être constaté, je mets généralement un point d’honneur à répondre à la plupart des intervenants. Bien sûr quand j’ai le temps.
Je suis loin d’invectiver à tout va. Mais j’aime bien répondre à tous ceux qui, directement, sans avoir pris le temps de discuter, en viennent à des conclusions qui j’assimile à des insultes. La liste serait trop longue à établir.
Je vous remercie de me communiquer les dates du règne d’Al Mansour. Je les possède déjà. J’ai cité cet exemple pour montrer la grandeur et l’humanité de ceux qui dirigeaient l’Andalousie cette époque, mais j’aurais pu tout aussi bien vous donner d’autres exemples. L’histoire n’en manque pas. L’histoire du califat de Cordoue est marquée de révolutions de palais, de sang dégoulinant dans les harems, de meurtres au détour de tous les chemins de la Sierra Nevada, de parricides, de fratricides, et de tant d’horreurs qu’il faudrait autre chose que nos modestes interventions pour en suivre le fil.
L’exemple concernant al Mansour me semble intéressant d’un point de vue didactique. Quand j’étais à l’école, il y a de ça quelques années, on m’a enseigné l’histoire des croisades. Et on n’a pas fait que magnifier l’entreprise chrétienne au Proche Orient. Voici la description de la prise de Jérusalem, en 1099, telle que je l’ai apprise : « Parmi les Sarrasins, les uns avaient la tête tranchée, ce qui était pour eux le sort le plus doux ; d’autres percés de flèches, se voyaient forcés de sauter du haut des tours ; d’autres encore, après avoir longuement souffert, étaient livrés aux flammes et consumés par elles. On voyait dans les rues et sur les places de la ville des monceaux de têtes, de mains et de pieds. Fantassins et cavaliers se frayaient un chemin à travers les cadavres. Dans le Temple et dans le Portique de Salomon, on chevauchait dans le sang jusqu’aux genoux du cavalier et jusqu’à la bride du cheval ». (Extrait de l’Histoire de Raymond d’agile - Cours d’histoire Paul Vial pour l’enseignement du second degré - page 89 - Editions de Gigord, Paris 1961).
C’était mon livre d’histoire en 4ème. Je le possède toujours.
Croyez-vous qu’on lise les exploits d’al-Mansour dans les livres d’histoire du Mahgreb ? J’en doute.
Que vous vous révoltiez ne me gêne pas. Au contraire. J’aime les confrontations. Ce qui me paraît vain ce sont les affirmations gratuites qui ne sont jamais étayées, ainsi que les pleurnicheries (je ne dis pas qu’elles sont votre fait) qui voudraient faire porter à l’Occident le poids de toutes les fautes du monde.
Je ne juge pas l’histoire, bien au contraire car j’ai horreur de tous ceux, qui bien planqués dans leur confort de nantis, passent leur temps à donner des leçons de morale à l’histoire. L’histoire, je la découvre chaque jour un peu plus. Souvent, je me rends compte qu’elle est loin d’être telle qu’on me l’avait enseignée à l’école. Alors je rectifie dans ma tête et j’essaie de faire partager mon point de vue. Si quelqu’un m’apporte de nouveaux arguments, je les étudie sans parti pris. Mais j’attends qu’il soient de poids et pas de simples slogans de propagande tels que ceux maniés par les porteurs de valises du Hezbollah ou du Hamas. (Je ne dis pas que vous en fassiez partie).
En ce qui concerne l’humilité, je n’en fais pas une religion. Je dis ce que j’ai à dire et je ne ne m’en vante pas. Des gens sont d’accord avec moi et je les en remercie quand j’ai l’occasion. D’autres non et nous entamons parfois de fructueux échanges. D’autres ont immédiatement l’insulte à la bouche, alors je les vomis. Mon « arrogance » est proportionnelle aux « leçons » que je reçois régulièrement de personnes qui n’ont rien d’autre à dire ou à faire que de salir les autres et qui souvent sont incapables d’aligner deux lignes. Et vous parlez d’effort de compréhension ?.......
Des lacunes, j’en ai comme tout le monde. Je ne détiens aucune vérité. Je me place donc loin de la façon de penser de ceux qui, dans une religion ou une idéologie, cherchent désespéremetn toutes leurs réponses à la vie. Mon approche « syncrétique » du monde comme vous le dites, me donne le droit de parler ainsi, au moins autant que les tenants d’autres théories. J’attends de cette confrontation, autre chose que des insultes et des tentatives d’abaisser l’autre. Et quand il m’arrive de m’être trompé, généralement je le reconnais.
Vous me parlez d’incompréhension et là je ne peux pas vous suivre. Je pense au contraire fournir un réel effort d’information et de compréhension que peu de gens ont envie d’entreprendre. Mes conclusions indisposent certains. Et alors ? Qu’ils les combattent, mais qu’ils ne s’aventurent pas sur le domaine personnel comme ils tentent chaque fois de le faire quand ils ont épuisé les piètres arguments dont ils disposent. J’ai de longs échanges avec des musulmans ou des chrétiens alors que je suis viscéralement athée. Mais eux ont la même curiosité d’esprit que moi.
« Injurier », « malmener », « conspuer », « meurtrir vos interlocuteurs », pourquoi pas ? J’ai dit parfois : à la guerre du sang et des armes, je préfère la guerre des mots. Je ne cherche à « amalgamer » personne, mais fatalement des cercles se forment. C’est plus inquiétant quand elles se transforment en meute.
Je vois avec plaisir que vous avez décider d’emprunter une autre voie et je vous en sais gré.
Patrick Adam
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