Les nombreux appels aux électeurs centristes, de la part des partisans de Mme Royal ou de Mr Sarkozy, sont pour le moins étranges.
A gauche, plusieurs études nous montrent que plus de 40% des électeurs de Mme Royal au premier tour ont voté non pas par adhésion, mais par opposition à Mr Sarkozy. Or, tous savaient, comme tous les sondages le montraient, que seul Mr Bayrou était en mesure de battre Mr Sarkozy au second tour. Tenter maintenant d’en appeler aux électeurs de Mr Bayrou pour battre Mr Sarkozy est à tout le moins paradoxal.
Certes, l’auteur se réfère ici à des convergences, réelles, entre les projets. Mais ne analyse un peu plus objective, et les débats d’entre deux tour, montrent que ces convergences sont contrebalancées par des divergences quasi aussi nombreuses. Mr Bayrou ayant été moult fois taxé d’homme de droite, qui ne pourrait que retourner vers la droite, avec lequel aucun accord n’est possible, on peut comprendre la réticence de certains à se trouver ainsi subitement courtisés, surtout lorsque l’on écoute les propos du secrétaire général du parti socialiste encore récemment.
Quant à la droite, si là aussi on peut accepter qu’il existe des similarité sur l’analyse économique de la situation, l’attitude hégémonique et menaçante de l’UMP à l’égard de Mr Bayrou et de ses élus, et la persistance d’une idéologie consistant à considérer que les électeurs de Mr Bayrou sont « de droite » (et que lui-même est « de gauche »...) n’incite guère à voter en faveur de Mr Sarkozy.
Il est en effet surprenant que de nombreux observateurs et partis politiques n’aient pas encore intégré la raison principale du vote des électeurs en faveur de Mr Bayrou : le souhait de dépasser les clivages droite-gauche et de faire travailler ensemble des compétences quelque soient leur étiquêtes, et cela sans réclamer un « serment d’allégence » comme le fait Mr Sarkozy.
Certains de ces électeurs partageront donc les conclusions de l’auteur. L’analyse qu’il fait de certaines convergences, et du rejet profond de la « méthode Sarkozy » sont très largement partagés par ces électeurs. D’autres espèrerons que l’élection de Mr Sarkozy permettra néanmoins de faire un certain nombre de réformes nécessaires, alors que le PS emble encore caractérisé par ses dogmes issues des années 70.
Pour avoir discuté avec de nombreux électeurs de Mr Bayrou, et comme le suggèrent les récentes enquête de popularité qui placent Mr Bayrou à un niveau record, il me semble qu’une chose est sûre : le mouvement initié par Mr Bayrou ne s’arrêtera pas avec cette élection présidentielle, tant il a suscité un espoir profond de changement des méthodes et pratiques de gouvernement. Tout accord pour les futures législatives avec le nouveau Mouvement Démocrate dépendra de l’acceptation de ces principes par le PS ou l’UMP.
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