• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Signaler un abus

Céline Ertalif 7 mai 2007 23:52
Céline Ertalif

@ AB

Il se trouve que j’ai entendu l’intervention de FB sur France Info, et j’ai vu un raccourci, très raccourci, sur France 2. Cela donne une mesure de ce que sont les grands médias d’aujourd’hui.

Je pense qu’il faut un peu de recul pour écrire un grand article sur l’amertume en politique. Il n’y a pas de pensée forte sans adversité. C’est le sort ordinaire des minoritaires. J’y suis habituée, j’en parle avec quelque expérience. Mais que reste-t-il des Présidentielles de 1974, 33 ans après, deux choses : « vous n’avez pas le monopole du coeur, M Mitterrand », et le mouvement écolo semé par René Dumont (1,32% !).

Ma plus grande déception dans ces Présidentielles, c’est la médiocrité.

La candidate socialiste, quelque part, flaire bien l’évolution nécessaire de l’action publique dans une société où l’écart culturel entre dirigeants et dirigés diminue alors que la concentration des pouvoirs s’accentue et s’évade des institutions politiques nationales. Mais comment une Ségolène Royal peut-elle être crédible dans un discours sur la démocratie participative improvisé en quelques mois alors qu’elle est elle-même très autoritaire et très formatée médias ?

Quant à Nicolas Sarkosy, il nous propose un discours profondément régressif. La valeur travail ! Et ce sont les inactifs qui approuvent le plus le candidat de la valeur travail, un comble, non ? Le problème essentiel, c’est pourtant qu’on a de plus en plus de mal à mesurer le travail, et cela commence par la mesure du temps qui apparait moins probante pour apprécier la valeur.

J’ai lu dans la profession de foi de Nicolas Sarkosy que « la récompense » était élevée au rang des valeurs. C’est n’importe quoi. Moi, je m’interroge sur le fait qu’on peut se faire élire président de la République en écrivant de telles sottises. Serait-il élu à 99% que cela ne changerait rien aux doutes que doivent susciter l’incohérence intellectuelle de ce qu’écrit Nicolas Sarkosy dans la profession de foi remise à tous les français : « Mais je veux remettre les bonnes valeurs au centre de la société : le mérite, le travail, la récompense, l’autorité, le respect, le sens des autres et le sens du bien commun ». Eh bien, dans une civilisation, les valeurs fondent le sens collectif qui transforme une série d’individus en peuple et les récompenses sont pour les petits chiens.

Jamais l’écart culturel entre les gens de pouvoir et la population n’a été aussi mince. Par l’élévation de la formation des enfants du peuple, mais aussi par l’avilissement des gouvernants. Imagine-t-on De Gaulle, Pompidou ou Mitterrand écrire des choses pareilles à tous les français ? C’est lamentable. AB , quand tu seras sénateur du mouvement démocrate, n’oublie pas la considération due à l’intelligence des électeurs.



Palmarès