Je comprends votre vigilance, que je partage. Peut-être aussi ce qui se passe aux USA est extra-médiatisé compte tenu de la place de pays dans la sphère mondiale, ce qui nous rend plus sensibles aux informations en provenance de là-bas. Le décalage entre l’information au sujet d’événements qui restent somme toute isolés et des violences généralisées ailleurs me semble anormal.
En fait, nous avons été habitués depuis la première guerre mondiale à la mort en masse et à la brutalisation de la société (concepts de l’historien George Mosse), et il nous est finalement plus facile d’être relativement indifférents face à des milliers de morts - en tout cas quand elles sont dues à la violence humaine, car on a vu avec le tsunami qu’il pouvait en être autrement - que face à une tragédie à mesure humaine, en particulier quand il s’agit d’enfants.