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Courouve 1er février 2006 18:16
Senatus populusque (Courouve)

Dans la conception traditionnelle, la critique des religions participe tout autant de la liberté d’expression que la pratique religieuse et l’expression de la croyance.

Mais depuis 30 ans environ, on a eu tendance à assimiler la critique de la religion à la discrimination envers les croyants, voire à du racisme. De même, la critique de l’homosexualité est désormée assimilée à une discrimination envers les homosexuels (loi Halde du 30 décembre 2004).

Dans ces conditions, il serait hélas logique de réprimer la publication de telles caricatures. Je dis hélas parce qu’alors il faudrait traiter de la même façon bon nombre d’oeuvres littéraires, pas seulement Sade, mais aussi Voltaire, Schopenhauer et Nietzsche, entre autres.

En ce qui concerne Nietzsche, sa « Loi contre le christianisme » (appendice de l’Antéchrist) n’est pas piquée des vers ; ce texte fit scandale dans les cafés-philo il y a environ 10 ans, et il se trouva quelqu’un pour juger que « on ne devrait pas avoir le droit de publier cela ».

Pour nous Européens, la norme reste encore que « La liberté d’expression vaut non seulement pour les « informations » ou « idées » accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent : ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l’esprit d’ouverture sans lesquels, il n’est pas de « société démocratique » ». Cour Européenne des Droits de l’Homme, 21 janvier 1999, n°29183/95, Fressoz et Roire c. France.

Mais cette conception, déjà écornée par la loi Halde qui condamne Vanneste, est menacée. L’ennui avec l’islam, c’est que si on cède sur les caricatures, il faudra céder sur l’enseignement de l’évolution, sur le voile à l’école, sur la mixité, au final sur tout ce que le dogme n’intégre pas ; vaste programme ...



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