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Emmanuelle Compagnon 23 mai 2007 11:05

Voici donc un texte d’après la catastrophe chère à Beckett, puisqu’il est écrit dans un sabir informe dont les seuls points intelligibles sont des erreurs factuelles. A titre d’exemple : Beckett n’a pas reçu « à la fin » le prix Nobel, puisque ce prix lui a été attribué en 1969, trente ans avant sa mort, et qu’il a refusé de le recevoir en main propre. Ce prix Nobel n’est donc pas « un évènement extraordinaire » dont Beckett aurait su « remplir sa vie ». Il n’a rien fait pour cela. Il faudrait comprendre ce que Beckett voulait dire lorsqu’il affirma que l’attribution à un écrivain comme lui du prix le plus officiel de la littérature était une « catastrophe ». Qu’est-ce que pouvait signifier pour la littérature elle-même la consécration d’un écrivain dont l’oeuvre entière est la manifestation de l’ébranlement de la littérature ? Mais Beckett était sans doute loin d’imaginer que l’industrie du vide prospèrerait après sa mort au point qu’il en deviendrait lui-même l’ironique icône pour de tristes pitres qui ne connaissent vraisemblablement son oeuvre que par ouï-dire.



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