Bonjour Bernard Dugué,
Vous dites que « La politique est devenue une affaire de passionné, et se déroule à l’image des compétitions de foot ... Dans ce contexte, les électeurs sont des spectateurs, et lorsque les présidentielles se déroulent, la France se met au diapason, comme lors d’un Mundial. La presse et les médias sont au rendez-vous. »
Cette idée me rappelle que, pour les psycho-sociologues, le cerveau a besoin de vivre, périodiquement, des « états modifiés de conscience ». Des changements de régime. Nous aurions un besoin naturel, quasiment physiologique, de modifier périodiquement les modalités de notre fonctionnement mental. C’est pourquoi certains aiment absorber de l’alcool, d’autres aller chercher la transe dans certaines musiques, d’autres enfin assouvir le besoin de se « dépayser ».
A l’instar de notre psyché individuelle, la psyché collective aurait besoin, de temps en temps d’une onde de choc collectif élaborée à partir d’une émotion forte. Besoin justifié peut-être par l’amertume de se sentir si précaire dans l’impermanence radicale des choses. Nous acceptons notre destin tragique par intégration, à doses homéopathiques de la mort et par absorption des douceurs de l’émotion collective qui permet d’apprendre à jouir ensemble des petites, voire des folles choses. Ces instants d’éternité comme les appelle le philsophe Michel Maffesoli, cette sensation d’être enveloppé dans le matriciel, d’être intensément englobé, de s’éclater dans le grand tout, dans le macrocosme.
Les élections contemporaines ne remplissent elles pas au fond, confusément, ce besoin ??