Je suis plutôt mal placé à critiquer les digressions, mais je constate, une fois de plus, que personne, ou presque, ne parle du véritable sujet : le livre de Rushdie est-il ’blasphématoire’ ? Certains me répondront, je vous l’accorde, que là n’est pas la question, que même s’il l’était, il faudrait le défendre. Mais j’aimerais qu’on aborde ce sujet, car une réponse négative (non, il n’y a rien de blasphématoire) montrerait bien que l’indignation n’est qu’une manoeuvre de récupération.
Quant à l’annoblissement, encore une fois, je répète à qui n’aurait pas suivi, c’est le PM britannique (hier Blair, aujourd’hui Brown) qui en décide, et ce ’patronage’ a souvent une connotation politique.
Mais on peut aussi débattre de la valeur littéraire de Rushdie (après tout, on a bien discuté des ’Bienveillantes’, qui ont valu à leur auteur, Américain francophone mais résident en Espagne, de bénéficier de l’ukase ministériel lui octroyant un passeport français (pour quoi faire ?). Et en France on épingle bien des Légions d’Honneur sur les corsages puissants de jeunes athlètes qui ne savent pas aligner une phrase correcte mais nagent plus vite que les autres...