Excellente analyse, Gazi. Il serait opportun aussi de voir les dégâts terribles que l’argent séoudien, au service des wahhabis et de leur internationale djihadiste, a provoqués au Pakistan, cette terre qui est à l’épicentre du choc actuel. Dès le XIXe siècle, les produits des madrasas rigoristes de Déoband se sont efforcés de détruire tous les Islam hétérodoxes, syncrétistes ou simplement tolérants. La culture achrafie du nord de l’Inde, certes hédoniste et aristocratique, dont la branche chiite a fait de Lucknow une ville phare dans l’histoire de la civilisation, est l’une de leurs principales victimes.Mais l’argent et le prestige séoudiens ont centuplé l’influence de ce courant.
De plus, les wahhabis ont joué et amplifié ce que Naipaul appelle ’la névrose primaire du converti’, en sommant les musulmans de tous les pays dont la civilisation d’origine n’était pas arabe, de reconnaître comme seule source de légitimité l’Arabie, jusqu’à s’inventer des ancêtres arabes. Et cela dans le cadre d’une religion qui ignore justement la notion de nationalité et d’origine !
Même Iqbal y succombe progressivement dans ses écrits, plaçant l’adjectif « hedjazi » au sommet de son échelle de valeurs.