Désolé, je vais répondre ici à Armand, le fil étant difficilement suivable.
Je vous remercie d’abord et je vous retourne le compliment.
J’ai il est vrai été un peu rapide. Il est vrai que le « génie » de Le Pen a été d’agréger toutes les mouvances de l’extrême-droite dont certaines peuvent avoir des vues divergentes. Nationaux-Catholiques, courants néo-païens, juifs extrémistes, arabes extrémistes, etc... Qu’ont-ils en commun ? Un ennemi à abattre, la haine de la démocratie, le goût de « l’ordre ». Le ralliement s’appuie certainement sur des calculs cyniques. Il n’empêche que l’antisémitisme (et même l’anti-sionisme, les déclarations de Le Pen sur l’arme nucléaire en Iran ne sont pas à interpréter autrement à mon avis) perdurent au sein de l’extrême-droite. Le calcul pouvant être une consolidation des haines en espérant affaiblir deux adversaires. Ce n’est pas forcément le calcul de Le Pen, plutôt poujadiste certainement, mais chez les intellectuels du Front cela doit exister.
Pour ce qui est de la gauche, j’en ai déjà parlé dans d’autres posts. L’antisémitisme traverse tous les courants, et le juif fantasmé a aussi été associé au Capital par certains membres de la gauche de gauche dans la première moitié du XXème siècle. Ce thème a souvent été l’occasion de créer des ponts vers l’extrême-droite (le voyage se faisant le plus souvent à sens unique).
La création d’Israel et le conflit israelo-palestinien ont vu l’apparition d’un nouvel anti-sémitisme de gauche. Attention toutefois si cette réalité existe, ce n’est pas le cas pour tous et cette accusation d’anti-sémitisme est parfois un leurre bien commode pour éviter tout débat.
Il faut y voir aussi le « syndrôme du groupuscule » qui pousse à créer des alliances parfois contre-nature.
On peut voir :
- des fervents défenseurs de la laïcité s’’allier à des chrétiens fondamentalistes pour empêcher la création d’une mosquée
- Des pro-palestiniens s’alliant à une extrême-droite antisémite pour lutter contre Israel
- Des militants bretons faire allégeance aux allemands pendant le seconde guerre en espérant obtenir l’indépendance de la Bretagne et pat détestation de « l’occupant français »
- Des militants communistes acceptant l’occupation allemande en espérant ainsi activer la venue de la révolution
Les exemples peuvent être multiplier à l’infini.
C’est en connaissant ces risques (qui profitent toujours à l’extrême-droite) que je me méfie des causes défendues avec une telle virulence qu’elles finissent par devenir uniques et conduire à une monomanie qui empêche soudain de voir ce qui nous tenait jusque là éloignés de l’extrême-droite.