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armand 7 juillet 2007 23:07
armand

@Gazi Les Etats-Unis des origines et l’Islam des premiers califes ont en commun le souci pointilleux de la bonne monnaie et de l’équité dans les affaires. Vous faites bien de relever le ’In God We Trust’ - qui n’a trouvé sa place sur les billets de banque qu’à l’époque d’Eisenhower,

L’Islam classique réservait aux Califes (puis aux sultans, aux noms des califes) la frappe des espèces en or et en argent, et lesdits dinars et dirhems étaient revêtus de la profession de foi, d’une devise religieuse propre à la dynastie (celle des Ommayades diffère de celle des Abbasides, par exemple) et seulement en marge de l’indication de l’année et du lieu de frappe.

Si l’on respecte stricto sensu l’éthique islamique en affaires, on ne peut acheter qu’avec une monnaie de valeur instrinsèque, car tout billet de banque, instrument de crédit, monnaie fiduciaire n’est qu’une promesse de payer et non pas un paiement en soi. C’est pourquoi certains pays islamiques comme la Malaisie ont tenté de lancer des dinars et des dirhems de poids et de titre classique... pour la plus grande joie des collectionneurs mais sans effet notable sur les habitudes économiques.

De même, aux Etats-Unis la Constitution stipule toujours que le Congrès peut battre monnaie (’to coin money’) en or et en argent. Cette précision n’a jamais été levée, et encore de nos jours des particuliers portent plainte inlassablement pour faire respecter ce texte.En vain. Pendant cent ans au moins, la loi U.S. stipulait d’ailleurs que la ’vraie’ monnaie - les pièces d’or et d’argent, devaient être revêtues des symboles de la République - la déesse de la Liberté et l’aigle. C’est uniquement en 1909 qu’on place Lincoln sur la pièce de 1 cent, quant au numéraire en métal précieux, c’est Washington qui orne le quart de dollar depuis 1932.

On oublie souvent l’existence, pendant longtemps, d’un puissant courant jeffersonien, hostile aux grands groupes, aux banques, attaché à la monnaie métallique (notamment le bimétallisme argent-or) et dont l’attitude méfiante envers le capitalisme se résumait par cette formule qui ne manque pas de sel : ’A corporation doesn’t have a soul to be damned nor an ass to be kicked !’ (on ne peut ni damner l’âme d’une société (anonyme) ni lui botter le c...l).



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