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Voltaire 10 juillet 2007 13:11
Voltaire

Nicolas Sarkozy est d’une extrême habilité. En intégrant des personalités socialistes à son gouvernement, il désamorce, vis à vis de l’opinion, les critiques de la gauche et place le PS dans l’embarras. Comment en effet critiquer de façon crédible l’action d’un gouvernement où les siens sont représentés... De plus, il assèche le PS de personalités influentes, qui lui seraient nécessaires pour monter une opposition crédible en 2012.

Le coup de DSK au FMI est un coup de maître (même si l’idée n’est pas de lui, il l’a remarquablement exploité) s’il réussit, DSK étant le rival le plus crédible à gauche pour 2012 (le seul à pouvoir rallier des voix centristes). Gageons que Nicolas Sarkozy s’efforcera de privilégier la remontée de Ségolène Royal, rivale bien moins sérieuse pour lui.

Les grognements à l’intérieur de l’UMP sont négligeables : tant que leur chef les mènera à la victoire, toute opposition interne sera muselée, d’autant qu’il a modifié les statuts de l’UMP pour éviter toute concurence.

Seul, François Bayrou demeure une menace pour Nicolas Sarkozy. Malgré le score relativement faible du MoDem au premier tour des législatives, Bayrou et son parti demeurent totalement insensibles aux sirènes du président.

Pire, le PS étant affaibli, Bayrou et le MoDem deviennent les seuls recours pour les opposants modérés vis à vis de la politique menée par Nicolas Sarkozy. Ce dernier utilisera donc probablement son influence dans les medias pour limiter au maximum les interventions de François Bayrou qui demeure très populaire, et s’efforcera de débaucher ou d’éliminer les élus qui demeurent fidèles au MoDem.

Tout dépendra donc du succès de la politique de Nicolas Sarkozy dans les deux prochaines années. Cette politique a un coût financier considérable. Si elle n’est pas couronnée de succès au niveau de la croissance et du chômage, le retour de bâton sera important, malgré le contrôle de l”information exercé par le pouvoir. Le MoDem devrait pouvoir en tirer les marrons du feu s’il s’organise correctement, car c’est la première fois dans l’histoire de la cinquième république qu’un mouvement politique central devient un parti populaire, très représentatif des nouvelles classes moyennes.

Pour le PS, la rénovation indispensable tiendrait du miracle. Si Ségolène Royal demeure la plus à même de récupérer la mise, DSK écarté, cela ne se fera que sur les ruines d’un parti écartelé et divisé. Sauf énorme problème économique (ou évènement imprévisible), le PS ne sera pas en mesure de disputer à Nicolas Sarkozy la présidence en 2012. L’adversaire de ce dernier sera donc sans doute encore François Bayrou (surtout si le MoDem réussit ses élections régionales et européennes de 2009 et 2010), avec un avantage certain au sortant en raison de sa maîtrise des médias et des moyens de l’Etat.



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