J’avoue être un peu ébahi devant un tel « débat », si on peut le nommer ainsi.
D’un côté, nous avons Sir Masuyer qui n’arrive pas à imaginer qu’on puisse être parfait humaniste et pourtant dénoncer une situation de fait : une proportion importante de la délinquance recensée dépend d’une catégorie précise de personnes.
Ayant un passé socio-économique/migratoire assez bien défini.
Refuser ce constat, c’est risquer l’escalade et surtout, laisser la place au racisme le plus profond.
De l’autre, on pratique l’amalgame, le raccourci...On tente à tout prix à prouver une certaine « logique », une certaine « simplicité ». On construit un bouc-émissaire acceptable.
La proportion importante de personnes d’origine étrangère dans les faits de délinquance est, à mon sens, née d’un certain contexte sociale qui s’auto-alimente :
- Le contexte économique ( ça fait gauchiste mais soit.) : Les difficultés économiques d’un foyer influence fortement la manière dont les enfants sont « gérés », l’école qu’ils fréquentent, le temps que les parents leurs consacrent,... Agir en priorité sur le suivi parental reste une des solutions les plus acceptables sur le long terme.
- Le cercle vicieux : Etant donné qu’il y a une plus forte proportion de jeunes d’origine maghrébine dans les statistiques de la déliquance, les forces de l’ordre ont tendance à les choisir spécifiquement lors de contrôle. Y voir du racisme est abhérrant. Il s’agit, hélas, d’une simple logique fonctionnelle. Il s’agit tout bêtement de probabilité. Si on veut avoir plus de chances d’arrêter un délinquant, il faut s’attaquer à la catégorie de personne la plus probable. ET bien entendu, ce comportement entraîne à son tour de la délinquance de part le sentiment d’être harcelé sans raison.
Que penserait un jeune étudiant des Ponts et Chaussées s’ils se faisaient contrôler chaque jour à la sortie de l’école ? Fouiller ? Menotter même de temps en temps ? Tout ça parce que les statistiques indiquent que les étudiants qu’ils fréquentent ( et dont il fait partie) ont une forte tendance à voler des sacs à mains...
Il s’agit donc d’expliquer cette situation, des deux côtés. Et cela ne peut se faire que par la police de proximité ( encore un gros mot de gauchiste). Seule une police présente au quotidien sur le terrain connait les possibles délinquants, seule cette police peut éviter les contrôles systématiques à « l’aveuglette » ( au faciès en gros). Seuls des agents sur le terrain peuvent apprécier au mieux la situation au cas par cas.
Or, les solutions simplistes qu’il s’agit de dénoncer agissent en favorisant ce cercle vicieux. Il rajoute du carburant ( des flics) au lieu de modifier le tracé.
Suspendre les allocations familiales, construire plus de prisons, alourdir les peines.
Ces trois mesures ne feront qu’emballer la machine. En suspendant les allocations familiales, on met des familles en difficulté ( Merci d’éviter de balancer les « fraudeurs » de TF1, chaque système a ses imperfections mais le but de ces suspensions est bien de « punir » les parents de n’avoir pas su garder leurs enfants au bercail), on les oblige à jouer avec les limites de la légalité ( travail au noir,...) pour subvenir à leurs besoins. On rajoute un souci supplémentaire qui n’aidera certainement pas ces familles à s’occuper de leurs enfants.
La construction supplémentaire des prisons n’est nécessaire que pour désengorger celles actuelles. Elle n’est en aucun cas le moyen de régler le problème. Elle le reporte a 4-5-6 ans en l’aggravant vu les difficultés de réinsertion qui découlent d’un séjour pénitentiaire. La mise en place de peines planchée alourdies va exactement dans le même sens.
- Police de proximité
- Mixité sociale en appliquant enfin la loi sur les logements sociaux
- Suivi parental dès les premières années d’école
- Application stricte de la LOI. Rien de plus, rien de moins.
Il faut agir à la base tout en gérant la situation actuelle. Et pas la peine de faire appel à la lutte des races pour cela. Dans une telle situation de misère économique et intellectuelle, toutes les populations agissent de la même façon. D’une façon quasi-animale de survie.
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