« Vous savez que ce que vous invoquez pour le Coran pourrait s’appliquer ne vous déplaise à la Bible, qui comme vous semblez ne pas vouloir le savoir est composée de l’ancien et du nouveau testamant, l’ancien testament étant la Torah des juifs. Le nouveau testament, contrairement à une idée reçue ayany fréquemment court, n’est pas seulement amour et compréhension. »
J’ai été consulté avec envie votre lien sur la « violence » de la Bible. La plupart des extraits repris se situent dans l’ancien testament qui, bien que devant être lu et compris par les chrétiens, n’est en rien la base de sa foi. J’ai du le lire en entier une seule fois par principe. Il constitue à mes yeux plus une mythologie pseudo-historique qu’un véritable chemin à suivre.
Au niveau du nouveau testament, l’auteur fait appel aux invectives lancées contre les pharisiens, à un extrait des actes des apôtres, à une excomunication de Paul et à l’apocalypse. Oui, le Christ s’est mis en colère : contre ces marchands du temple, ces marchands du livre, ces marchands du savoir... A-t-il appellé au meurtre ? Il lance sept malédictions, prédit un châtiment « En vérité je vous le dis, tout cela va retomber sur cette génération. »
Et termine par :
« Je vous le dis, en effet, désormais vous ne me verrez plus, jusqu’à ce que vous disiez »Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.« »
J’attire votre attention sur le verbe « verrez » qui renvoye, notamment, à « guides aveugles » de la ligne 16.
Les reproches de Jésus bien que « violent » dans les propos ne contiennent aucun appel à la violence. Il prédit un châtiment mais s’agit-il d’un châtiment de l’homme par l’homme ? On peut en douter au vu du reste du Nouveau Testament qui insiste encore et encore sur le « jugement dernier », sur cette notion que « ceux qui jugent seront jugés à leur tour au Royaume des cieux ».
Concernant les actes des apôtres, il s’agit bien d’actes d’hommes que l’on peut espérer inspirés de l’Esprit Saint. Mais tout homme est faillible... Concernant l’apocalypse, son interprétation doit se faire avec un recul certain ( voire un certain recul). L’Evangile de St Jean est connu pour être le plus « récent » et surtout le plus « conceptuel » parmi tous les évangiles. Aussi, il est certain que ces passages violents ont une valeur symoblique « Ces visions n’ont pas valeur pour elles-mêmes, mais pour le symbolisme dont elles sont chargées(...)lorsqu’il décrit une vision, le voyant traduit en symboles les idées que Dieu lui suggère. »
Ces actes violents doivent donc être compris comme une idée de violence, comme un changement brusque, une violence faite à soi-même, une prise de conscience, ect ect...
Un autre exemple de violence repris dans le texte de l’auteur concerne le figuier stérile. Or, cet episode n’est pas repris dans l’ensemble des évangiles et la partie la plus interressante se situe ensuite « Le figuier désséché » qui se termine notamment par « Et quand vous êtes debout en prière, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, remettez-lui afin que votre Père qui est aux cieux vous remette aussi vos offenses. »
Niveau violence, il invite plutôt à tendre la joue le Jésus 
L’auteur indique aussi « Dieu envoie les damnés au supplice éternel... » Or, les dernières paroles de l’épilogue de l’apocalypse sont « Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec tous ! Amen »
Fin de ce petit apercu rapide de la « violence » dans la Bible. De quelle violence parle-t-on ? Quel était le but de cette violence ? N’était-ce pas avant tout un appel à sortir ? Ne doit-on pas se faire violence pour refuser la norme et la non-recherche ? Ne doit-on pas se faire violence pour rejeter le discours miellieux des pharisiens ?
Contre qui est dirigé cette violence ? Cette violence doit-elle être produite par l’homme envers l’homme ?
Quelle interprétation l’Eglise permet-elle d’en faire ? Le croyant a-t-il la possibilité d’interpréter cette violence ?
Telles sont les questions à confronter à l’Islam. Et principalement celle de l’interprétation. Or, il se fait que le chemin parcouru à ce niveau par l’Eglise est plus important que celui parcouru par les autorités religieuses de l’Islam.
De plus, je reste, personnellement, assez perplexe devant ces appels au meurtre du explicite dans le Coran envers ceux n’ayant pas la même foi ( et cela quelle que soit la façon dont ils vivent.) La violence à l’autre par l’autre reste, pour ma part, quasiment absente du Nouveau Testament.
Peut-être est-ce du à l’interprétation que l’Eglise a déjà faite de ses écritures ou peut-être y-a-t-il à ce niveau une véritable différence de « foi » et du type de violence dont les deux livres parlent.
En attendant, cher Masuyer, ressortir ces histoires de violence biblique ne peuvent en rien aider à gérer la situation actuelle qui met le Coran, dans bien des cas, en opposition avec la laicité et les lois du peuple français/belge/européen... Le jour où Benoit XVI lancera une nouvelle croisade sur les cliniques pratiquant l’avortement, là, nous pourrons en discuter. Mais tant que la situation sera ce qu’elle est, le « problème » d’incompatibilité concerne une religion en particulier. Ceci ne veut pas dire que ce problème est insolvable mais le prendre à la légère en le noyant au milieu des autres religions est assez symptomatique d’une partie de la société qui considère encore que la religion chrétienne menace la laicité.
Tout comme la société à dit non dans les années 1900-1910, nous devons savoir dire « Non » aujourd’hui. Si les musulmans refusent d’interpréter le Coran et de rendre compatible leur foi personnel à la collectivité, ils n’ont pas leur place dans notre société.
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