Cher Masuyer,
Alors parlons de ’traditions’ culturelles dans certains milieux parqués tant par la conviction d’être ’en marge’ que par une certaine déshérance sociale. Sans parler de ceux qui explicitement ou implicitement estiment qu’ils ont une revanche à prendre en tant qu’anciens ’colonisés’.
J’insiste encore : des familles de plus de dix enfants, élevés dans une tradition de laisser-aller (gosses sur le trottoir sans contrôle jusqu’à pas d’heure, par exemple)posent problème si tous les verrous de contrôle ont sauté. En effet, je ne vais pas raconter ma vie, mais j’ai vécu enfant dans le Bronx d’avant la drogue et les gangs : on trainait dans la rue, en bande, mais au moindre bruit excessif, à la moindre connerie, tout voisin pouvait nous admonester. Et on savait que si le voisin en parlait à nos parents, ça allait barder. Donc on en avait peur.
Reprenez donc aujourd’hui un gosse qui n’est pas de votre ’tribu’, et vous verrez ses parents prendre fait et cause pour leur rejeton contre vous.
Et comme l’école n’a plus l’autorité qu’il faut pour contrecarrer l’influence de la rue... La seule limite face à des ados délinquants c’est la police, qui focalise ainsi toute leur agressivité.
Nous avons déjà eu l’occasion de débattre de cela, et je me contente, avant toute formulation théorique ou idéologique, de constater ce qui se passe autour de moi dans ’ma’ cité. Au risque de vous indigner encore une fois, cent pour cent de nos problèmes quasi quotidiens (encore une bataille rangée dans la rue il y a une semaine) viennent d’une famille polygame et de ses fréquentations d’« affaires ». Quant à la famille quasiment tout aussi nombreuse ’vieille france’ appauvrie, on ne les entend pas sauf quand ils vous disent bonjour.