Cher Armand,
vous le savez nous ne paratgeons pas toujours les mêmes points de vue, mais j’apprécie votre culture et le soin que vous prenez de ne pas tomber dans l’amalgame de type « café du commerce ».
Je ne suis pas fondamentalement en désaccord avec ce que vous avancez ici. 20 ans de chômage de masse ont, à mon avis, contribué à diminuer l’autorité des pères pour des modèles familiaux de type patriarcal (modèle de la famille française). Ajoutez à cela un modèle de société matraqué par les publicitaires qui, pour schématiser dit « tu le veux, tu peux l’avoir » quand ce n’est pas « tu dois l’avoir ».
L’autorité de l’école mise à mal est une autre cause.
Beaucoup pensent aujourd’hui que la cause de ce défaut d’autorité est l’esprit de mai 68, je trouve que c’est un bouc émissaire facile. Le discours général qui fait des profs des feignasses privilégiées est à mon avis bien plus dangereux. Il ne faut pas oublier non plus que l’école a été le moyen pendant longtemps d’échapper à sa condition, ce qui n’est plus vraiment le cas.
Le modèle autoritariste de l’école à l’ancienne ne trouvera pourtant pas chez moi, vous vous en doutez, un défenseur. Car s’il est de bon ton aujourd’hui de l’idéaliser, ce modèle a permis des horreurs, permettant à certains instituteurs de se comporter en véritables tyrans de villages. Je sais par mon père que son instituteur a abusé sexuellement des enfants tout au long de sa carrière sans être inquiété bien que cela se sache.
En tout cas, les causes sont beaucoup plus complexes que certains aimeraient le faire croire (pas vous et c’est en ça que je vous respecte malgré nos divergences de vue) en cherchant dans l’esprit de mai 68 et l’immigration les causes de tous nos maux.
Cordialement