Je comprends votre point de vue mais il me semble un peu « brutal ».
Vous semblez rejeter en bloc toute analyse des évangiles ( ou d’autres textes religieux) d’un point de vue « historique » sous prétexte qu’il s’agit des fondements d’une religion et donc qu’on empiète immanquablement sur le domaine religieux.
Je suis, pour ma part ( et même en tant que scientifique) plus nuancé.
Certes, il est abhérrant de vouloir faire coller l’histoire et les écrits religieux dans le but de « prouver » quelque chose. ( Sous-entendu, dans le but de prouver que Jésus a bien existé et donc que patati et patata) Cependant, on peut considérer ces écrits comme des sources parmi d’autres pour certains faits/passages.
Ils décrivent à leur manière une situation socio-politique qu’il est intéressant d’étudier.
Il faut juste s’avoir s’arrêter au bon moment et ne pas vouloir chercher un sens trop profond à ce qui reste avant tout un vecteur de propagation de la pensée chrétienne. Et donc fatalement influencé par les Pères de l’Eglise, les conciles et autres événements postérieurs à leur écriture.
Aussi, en rejetant en bloc toute analyse historique ( et scientifique) sur ce genre de textes sous prétexte qu’on entre immanquablement dans le domaine religieux, vous laissez la place à un type d’interprétation qu’il s’agit de réfuter de manière plus historienne. Car je pense qu’il est utile de rappeller les contradictions entre les différents évangiles, la transmission chaotique qui fut la leur ( tout comme de nombreux textes anciens)...
Et ceci peut se faire de manière documentée sans passer par des jugements qui peuvent paraitre quelque peu « dogmatique » aux lecteurs : « Tout le monde sait bien que... »
« Dès le départ, il a biaisé les cartes par son discours »pseudo-historique« . Il cite les textes évangéliques comme sources pour couvrir d’autres textes de même nature. Ce n’est pas là une méthode historique de travail. Ce qu’il fait relève de l’éxégèse religieuse interne ! »
Mais quelles cartes ? Celles que les historiens se sont données ? 
Sans vouloir polémiquer...Je ne vois pas en quoi les Evangiles devraient forcément être rejetés comme sources historiques ? Il n’existe aucune source « objective ». Et cette subjectivité ne fait qu’augmenter au fil du temps avec les ajouts,les interprétations, les pertes,...
Le travail de l’historien devrait justement consister à analyser les Evangiles, à pouvoir en tirer certaines informations sur l’Epoque en question tout en gardant un statut agnostique concernant les éléments proprements religieux de ces sources. La distinction est certes difficille à opérer mais elle me semble plus cohérente que celle consistant à rejeter a priori certaines sources.
En d’autres mots, à l’attitude « limite » d’E. Mourey, vous opposez une sorte de dogmatisme historique sur ce qui est « acceptable » en tant que source et ce qui ne l’est pas.
Maintenant, je reconnais volontiers que la position d’E. Mourey entraîne bien plus d’incohérences et d’impasses que de défendre les principes de bases de la méthodologie actuelle en matière d’analyse de sources.
Bien à vous,
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