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armand 25 juillet 2007 11:33
armand

AB :

Bel effort, mais je trouve au final que ce film est nettement mieux que la critique ne laisse entendre. Une partie du confusion dont il patit est due à la narration en flashback.

La blondeur d’Alexandre, si elle est par trop californienne, correspond bien à la manière dont il a été perçu à l’époque. Quant au non-vieillissement d’Olympias, outre le fait qu’Angeline est bien meilleure actrice que ce à quoi on aurait pu s’attendre, elle peut très bien avoir enfanté à 15 ans... et puis c’est une sorcière ! Les cheveux teints ont existé depuis des millénaires, bien des pharaons vous le diront ! Néanmoins, je soutiens que vous avez mal regardé - dans les dernières séquences elle est plus marquée qu’au début.

Vous êtes injuste à propos d’Alexandre petit-garçon : je trouve en particulier qu’il y a une remarquable continuité dans les traits entre l’enfant et l’adulte. C’est d’ailleurs un des points forts du films - notons que Ptolémée-vieux est une bonne projection de Ptolémée-jeune.

Pour Roxane, je vous l’accorde, elle a l’air peu bactrienne - sans doute ressemblait-elle plutôt à Marjane Satrapi ! Mais on peut lui pardonner beaucoup en raison de sa poitrine !

Pour l’essentiel, ce que j’ai le plus apprécié c’est : le lien entre l’épopée d’Alexandre et la fatalité des mythes grecs, Oedipe, Achille, Médée-il est bon de rafraîchir la mémoire des hordes incultes, essentiellement outre-atlantique ; le jeu de Colin Farrell, eh oui, alternant grimaces de douleur (qui ressemblent étonnamment aux masques tragiques du théâtre grec), crises de rage, et calme olympien ; la manière décomplexée de présenter la bisexualité d’Alexandre et de certains de ses compagnons ; Val Kilmer (sous-employé depuis quelque temps) en Philippe II ; l’extrême soin apporté aux reconstitutions et aux costumes ; le regard désabusé par moments, encore enthousiaste par d’autres, de Ptolémée, qui a l’air de faire sienne la célèbre réplique de ’Liberty Valance’ : ’quand la légende est plus belle que la réalité, publie la légende !’

Bref, devant tous les nombreux détracteurs de ce film, je maintiens que c’est du beau travail - pas assez fouillé, peut-être, pour des connaisseurs de la geste alexandrienne, trop bavard, sans doute, pour le grand public.

P.S. Pour Gladiator, j’avais été encore plus impressionné. Surtout, j’en suis sorti avec la sensation jusqu’alors inédite dans les péplums - combien la vie antique, sous les ors, les toges, les cuirasses et les bannières, pouvait être cruelle : un mot du tyran et votre famille toute entière était suppliciée. Même (et surtout) si vous étiez jusqu’alors puissant et respecté. La Roche Tarpéienne est si proche de la Capitole.



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