• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Signaler un abus

Jacques Kotoujansky 11 août 2007 19:25
Jacques Kotoujansky

Ce que vous dites est extrêmement intéressant. Le « souverainisme » est de droite comme de gauche, et il en va de même des régionalismes modérés ou extrémistes. La raison n’est-elle pas que le grand clivage, la grande « contradiction » en langage marxiste, de la vie politique française n’est plus droite/gauche (qui existe bien sûr comme contradiction secondaire) mais plutôt fédéralistes-mondialistes/souverainistes. Aucune de ces catégories n’est pure, et il faut regarder cela à la loupe. Ainsi, pour reprendre une typologie de mon ami Paul-Marie Coûteaux, le clivage fondamental en termes de partis politiques est : républicains/démocrates. Les Républicains, c’est la nation, l’égalité, le centralisme, le dirigisme, la francophonie ; les Démocrates, c’est l’Europe, les notables, les régions, les langues régionales, le libéralisme économique (très schématiquement). Mettez cela en ordonnée puis mettez en abscisse droite/gauche. Dans le plan vous avez alors quatre quadrants, ce qui donne en tournant : républicains de gauche (Chevènement et un peu du PS), républicains de droite (Gaullistes, Villiers, une partie du Front National), démocrates de droite (une autre partie du Front National, le MNR, et surtout l’UMP majoritairement ainsi que les centristes démocrates-chrétiens et les libéraux), démocrates de gauche (une partie des centristes, et bien sûr la majorité du Parti socialiste, une grande partie de l’extrême gauche trotskyste, internationaliste et anti-nationale par essence (« Prolétaires de tous les pays, etc. »). Ainsi, vous remarquez que je mets le Front National comme « démocrate de droite (ou d’extrême droite) ». La preuve ? En Alsace, en Corse, en Bretagne, en Flandre pour la Belgique, en « Padanie » pour l’Italie, etc., vous savez que le régionalisme fait bon ménage avec le Front, et il y a des frontistes (ce n’est pas en général la majorité, certes) qui s’accomoderaient bien d’une Europe fédérale, une Europe des régions, pourvu que ces régions aient justement l’aspect « ethniquement pur » (si j’ose dire) que nous dénonçons dans notre Lettre. Du reste, notre correspondant sur ce site d’Ar Brezonneg et d’ADSAV, comme vous le dites, me paraît illustrer ce que je dis. C’est, pour les Républicains, une raison de ne pas vouloir de la Charte qui entérine cette dérive ethniciste qui, en effet, a suscité pendant la guerre de fâcheux ralliements qui ne furent bien sûr et heureusement pas majoritaires, dans, en effet, nombre de pays conquis par le Reich, où l’idéologie que-nous-savons jouait sur ces divisions.



Palmarès