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Neos 12 août 2007 18:07

Que pensez- vous de cette description de la nation ?

La nation repose sur la mémoire d’un passé commun, en particulier de faits et d’oeuvres communs ; elle est la réaffirmation régulière d’une volonté de vivre ensemble.

Sans la mémoire, il n’y a pas de réunion possible des hommes en une nation puisque la volonté ne peut surgir en l’absence du passé. Mais si cette volonté n’existe pas aussi dans le présent, rien ne pourra faire tenir la nation. Bien plus, on ne doit pas la maintenir contre la volonté des hommes, et sans elle.

Que le souvenir s’efface, en tant que souvenir commun, et la nation disparaîtra. Car la nation est mortelle, elle tout entière historique et politique, et non une substance (naturelle) qui s’imposerait. C’est à chaque peuple, en dernière instance, de décider à quelle nation il appartient.

Ces quelques phrases tirées d’une analyse du discours de Renan (Paris, 1882) m’invitent à présenter quelques remarques personnelles :

1) la conception française (subjective) de la nation repose sur le pilier de la ’volonté de vivre ensemble’, inébranlable forteresse de la volonté que celle exprimée par le peuple français, et qui s’impose à la nation.

2) les minorités ne remettent pas en cause cette volonté de vivre ensemble. Elles concoivent en revanche que le peuple [ici français en l’espèce] dans son ensemble reconnaisse l’existence et le particularisme régional ou local et admette que ce particularisme puisse s’intégrer au sein de ce ’contrat’ de la volonté de tous de participer à l’avenir en commun.

3) l’Union européenne, parce qu’elle ne bénéficie pas de la mémoire commune de ses peuples, mais de la seule proposition de se doter d’un avenir commun, n’a pas vocation à se substituer aux nations. Ni d’imposer à des régionalismes ou diversités locales de se soulever contre les nations. Les nations font partie intégrante du projet commun européen, elles ont leur propre souveraineté et l’UE, quelle que soit sa configuration politique, n’émet pas le souhait de voir disparaître ce qui fait la richesse de sa diversité.

Il y a toutefois un point sur lequel je vous rejoins : je pense que les chefs d’Etats européens devront, un jour, prendre le risque politique (et personnel ?) de demander expressément aux peuples d’exprimer cette volonté afin de guider les nations souveraines, à savoir : comment les peuples souhaitent-ils organiser leur avenir, leur vie en commun ?

La volonté des peuples (notez le pluriel, qui détonne avec la seule analyse franco-française) est déterminante. C’est à celle-ci que les nations devront se plier. Il en va bien sûr de même de l’Union européenne.

Il faudra pour cela que tous les peuples soient consultés. Et que leur volonté engage ensuite l’action des nations et de l’Union européenne.



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