Bonjour Damocles,
Concernant les approches possibles de la prise en charge des personnes présentant des troubles autistiques, ce débat est souvent stérile. Toutefois, quelques constats s’imposent :
1) Il n’y a, à ce jour, et en tous cas à ma connaissance, aucun cas signalé de guérison. Donc, aucune méthode ne peut revendiquer cette capacité.
2) Ne pouvant guérir l’autisme, le débat pourra porter sur la capacité de telle ou telle méthode d’apporter ou non un mieux-être au patient, une meilleure adaptation sociale, une anxiété diminuée par rapport à son environnement, la facilitation de l’émergence de certaines potentialités d’autonomie, notament par rapport à des actes de la vie quotidienne.
3) Même si la psychanalyse a pu montrer une certaine efficacité dans le traitement de névroses ou de dépressions, ou apporter un certain éclairage sur la signification possible de certains comportements, il n’en reste pas moins que son approche de l’autisme est pour le moins contestée. Dans la grande majorité des pays, elle a d’ailleurs été abandonnée. Il n’y a plus apparament qu’en France, sans doute pour des raisons historiques, que la psychiatrie reste empreinte d’une telle approche de cette pathologie.
4) Avec les progrès de la science, la piste génétique se précisse un peu plus chaque jours. Même si les chercheurs n’ont pas encore mis en évidence LE gène de l’autisme, de sérieuses présomptions existent. D’ailleurs, il n’existe pas UN autisme, mais DES formes diffèrentes d’autismes, ce qui complique un peu la situation.
5) Même parmi les psychiatres et psychologues, certains admettent aujourd’hui qu’il y a eu des dérives dans l’utilisation faites de la psychanalyse dans l’approche de l’autisme. Une certaine culpabilisation des parents, sur le registre du « cet enfant était-il VRAIMENT désiré ? », ou encore une stérile attente de « l’émergence du désir » chez l’enfant autiste, inutile perte de temps (aussi efficace que d’attendre qu’un enfant ait envie d’aller à l’école avant de l’y inscrire...).
On aurait pu croire ces interprètations abandonnées depuis longtemps, pourtant nombre de parents peuvent encore témoigner de leur actualité...
6) Les méthodes comportementales ont l’avantage de proposer un cadre et des repères, qui permettent de par la répétition des exercices, et leur progressivité adaptée, à la personne autiste de se poser, de diminuer son anxiété, et de faire l’acquisition progressive de savoir-faires qui contribuent à lui donner une meilleure autonomie dans les actes de la vie quotidienne.
Les résultats étant présents dans la plupart des cas, pourquoi décrier ces méthodes ? Leur caractère répétitif laisse penser à certains qu’il s’agit d’une forme de dressage, mais en réalité, c’est parce qu’il y a répétition et isolement par rapport à des stimulis multiples qui parasitent l’apprentissage, que la personne autiste finit par apprendre, comme les autres élèves finalement, mais infiniment plus lentement...
7) Enfin, je vous rejoins sur l’approche pluridisciplinaire, mais surtout INDIVIDUALISEE. Personnellement, j’ai pu voir de jeunes autistes s’ouvrir aux autres et au monde, et sortir de leurs incessantes stéréotypies ou actes d’auto-agression, en pratiquant l’EQUITHERAPIE. J’en ai vu d’autres réussir à se poser grace au caractère répétitif et structuré du TEACCH, et aussi des non-verbaux amorcer une commnication grace au PECS, système de communication basé sur l’échange d’images...
En conclusion, je dirais qu’il faut avant tout être modestes (l’obtention de progrès étant souvent longue), mais surtout PRAGMATIQUES en retenant pour valable toute méthode qui génère du mieux-être, et en se souvenant que ce qui est efficace pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre.
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