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Philippe Vassé 26 septembre 2007 12:21
Philippe Vassé

Marianne,

L’article est méritoire en son objectif, mais il est truffé d’erreurs et d’oublis qui rendent les faits plus « lointains » qu’ils ne le sont en réalité.

Les rétro-commissions issues de l’argent des frégates vendues par Thomson à l’époque (devenue Thalès) et DCN à Taiwan ont arrosé des gens de tous les partis politqiues français, et non pas seulement des personnes du PS.

Là, vous faites malgré vous une lourde erreur factuelle, car, si tel avait été le cas, vous imaginez bien que Balladur et Sarkozy en auraient profité pour mettre le PS dans l’embarras.

Rappelons-nous qu’en mars 1993, Balladur est Premier Ministre et Sarkozy son Ministre du Budget (en clair : Sarkozy était alors le gardien des listes secrètes couvertes par le secret-défense jalousement maintenu par TOUS les ministres de l’Economie depuis 1993, droite et gauche confondus).

Autres erreurs de taille aussi :
- Alfred Sirven par exemple n’a jamais été à l’époque dirigeant d’Elf-Aquitaine, c’est le récent décédé Philippe Jaffré qui l’était à l’époque.

Roland Dumas et Christine Deviers-Joncour ont été accusés de choses différentes, et pas ensemble. Ceci par DEUX Juges d’Instruction : Eva Joly et Laurence Vichnievsky.

Enfin, il semble que vous mélangez les choses entre les commissions légales versées par le Ministère du Budget, à l’époque dirigée par Michel Charasse et les rétro-commissions.

En Suisse, Taiwan vient d’obtenir l’aval de la Justice pour récupérer les sommes bloquées sur les comptes d’Andrew Wang et de ses proches, sommes qui étaient censées non pas arroser des Taiwanais, mais des Français.

Enfin, les listings de Clearstream- les vrais, ceux sortis par Florian Bourges dors d’un audit de cette institution finnacière, auditeur que Nicolas Sarkozy connaît au moins de nom comme Président d’association subventionnée- Association TOUPTY- par le Conseil Général des Hauts de Seine- entre autres collectivités territoriales-, ne sont pas des comptes bancaires, mais des prêts garantis sur des avoirs censés être déposés ailleurs.

Rappelons que, sauf erreur, lorsque François Bayrou fut Ministre, puisque vous mettez l’UDf en avant, il n’a jamais exigé la levée du secret-défense sur ce dossier. Tout comme un certain Nicolas Sarkozy.

Il est en effet possible que des membres de l’UDF de l’époque aient été destinataires des rétro-commissions, ceci expliquant cela.

A ce jour, deux hommes politiques ont publiquement pris position pour cette levée du secret-défense, certes pour des motifs divers, et ils ne sont pas UDF : le premier est François Hollande et le second Dominique de Villepin.

Je note quand même que votre article a réussi le tour de force rare de ne pas même oser dire que Nicolas sarkozy était en 1993, lors de l’affaire Tango -vente des Mirage 2000 à Taiwan- Ministre du Budget. Il avait donc accès aux listes officiels des commissions et...des rétro-commissions via les documents cachés par le secret-défense, qui étaient et sont toujours dans ce ministère.

Il est donc aisé et simple pour Nicolas Sarkozy de faire toute la lumière sur l’affaire des faux listongs Clearstream : qu’il exige et obtienne la levée du secret-défense sur les vraies listes du Ministère du Budget, qu’il les rende publiques et fassent agir sa Ministre de la Justice contre les personnes impliquées.

Si, comme François Bayrou, il ne le fait pas rapidement- comme lui ont demandé François Hollande et Dominique de Villepin -qui ne semblents donc pas craindre pour eux la sortie de ces listes-, les citoyens pourraient être amenés à se demander pour quelles raisons le spécialiste du « parler vrai » aux Français ne ferait pas diligence sur ce dossier au nom, justement, de la vérité.

La parole est maintenant à Nicolas Sarkozy dans ce dossier, avant qu’il n’explose par un autre biais.

Bien cordialement vôtre



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