@ Aleks :
Il se trouve que j’ai relu et corrigé cet article (je n’ose pas dire ce « post » !) avant qu’il ne soit... posté. Et Dieu sait que j’aime la langue correcte. Le langage incorrect génère ambiguïtés, approximations, et in fine malentendus. Et en outre, il est moche.
Ensuite, je suis convaincu que s’il fallait choisir entre le français et l’anglais comme langue internationale, cette dernière est assez mal placée : langue instable et mal fixée dans le temps et dans l’espace, vocabulaire pléthorique ou chaque concept est décrit par trois termes d’origine celtique, saxonne et latine (to start, to begin, to commence...) ce sont les ignorants et les gens de mauvaise foi qui en parlent comme d’une langue facile.
Enfin, cette langue apporte un avantage éhonté à ceux dont c’est la langue maternelle. Impossible de la maîtriser sans plusieurs années d’études et de nombreux mois dans un pays anglophone. Pendant ce temps, les étudiants qui n’ont pas cette contrainte continuent tranquillement à approfondir leur spécialité, prenant des années d’avance. Je me souviens voici quelques années d’une pub pour l’espéranto (que je ne parle pas) basée essentiellement sur ce constat.
D’autres langues s’apprennent plus vite et requièrent moins de séjour sur place, à commencer par l’allemand (je ne fais même pas allusion aux langues latines).
J’ajoute pour bien fixer les idées que j’ai ramené à mon entreprise, en tant que négociateur technique, plusieurs dizaines de millions de dollars de contrats rédigés, puis négociés dans cette fichue langue.
Ceci dit, quand on parle d’E-mail ou plus simplement de mail , j’ai le regret de constater que tout le monde pense courriel (mot imaginé par les canadiens ; qui se souvient du mél qu’avait tenté d’imposer la commission de terminologie ?) et que plus personne (sauf Aleks et quelques autres) ne pense à l’allée engazonnée où l’on jouait jadis au jeu du même nom...
De même quand on parle d’une fillette « abusée », qui se souvient que cela veut dire qu’on l’a trompée, et non qu’on a abusé d’elle comme le sous-entend n’importe quel journaliste de modèle courant ?
J’avais abordé ce sujet voici bien des années avec une grammairienne. Je lui avais demandé à l’époque si pour un véhicule de communication comme les journaux où la télévision on devait au singulier dire médium, ce qui respecterait l’origine du mot, ou média, ce qui est en latin le pluriel. Sa réponse a été immédiate : c’est l’usage qui prime contre la logique, le peuple qui a raison contre les élites, (et même deux fois raisons si par hasard il a tort) et on doit donc dire média. Belle leçon d’humilité pour ceux qui savent.
D’ailleurs l’une des références en grammaire, ne s’intitule-t-elle pas « le bon usage » du regretté Grevisse, belge au demeurant ?
Votre remarque est plutôt sympathique, Aleks, mais, si vous m’en croyez, réservez vos combats aux expressions qui génèrent une ambiguïté. Pour les autres laissez tomber. D’ailleurs, malgré votre soin vous ne laissez jamais échapper d’expressions incorrectes ou mâtinées d’anglais ? Moi ça m’arrive parfois.