Cher bcordelier,
Merci pour vos conseils, cependant, permettez-moi de ne pas être du tout d’accord avec votre analyse.
Avez-vous vu, en disons 2000 ans, une langue s’imposer grâce au seul commerce (ou au business, comme vous dites) ? Une langue n’est pas un système d’exploitation, un produit comme un autre. L’espéranto, comme vous le savez très bien, est la seule langue internationale non nationale, non officielle ayant un succès relatif actuellement, mais elle est loin, et sera loin de pouvoir concurrencer des langues nationales tant qu’elle restera une langue associative. Statut qu’elle a maintenant.
Faire du commerce avec l’espéranto, dans l’état actuel du « marché », c’est se condamner avec certitude à vivoter. On ne fait du commerce qu’avec les langues obligatoires à l’école, les langues bénéficiant déjà d’un matraquage intense ou les langues officielles d’un pays donné, pour y voyager.
Comparez avec les langues régionales, qui, malgré toute la compassion qu’on peut avoir pour leur manque de vitalité en France, sont elles apprenables à l’école.
On ne peut pas faire de commerce avec une langue qui ne bénéficie d’aucune publicité publique, officielle. Je ne vois pas quelle comparaison employer, car même celle sur Linux et les logiciels libres s’avère vaine ici.
Disons néanmoins ceci, si l’on veut choisir un point commun : on peut maintenant dans un magasin spécialisé choisir entre Windows et Linux.
Le principal lieu d’apprentissage des langues en France, de loin, de très loin, est et restera l’école. Tant qu’on ne pourra pas, qu’on n’aura pas le droit, de choisir l’Eo au même titre que les autres langues, on pourra continuer à dire « l’Eo a échoué » etc, mais on ne sera pas beaucoup plus avancé. Il est facile de freiner le développement d’une langue : il « suffit » de l’interdire à l’école. Et après les Asps peuvent se faire un plaisir de fanfaronner sur son échec ! Voir l’exemple hongrois, où l’Eo est la 3ème langue la plus apprise pour l’examen d’entrée à l’université.
Il n’y a pas de mystère dans les langues, leur succès ne passe pas par le seul commerce faisant abstraction de l’enseignement scolaire.