Bonjour, Monsieur CEPHALE.
Bel article sur tout les points, sauf sur les comparaisons avec les Etats étrangers.
Une raison importante de la dégradation de l’enseignement scolaire n’a pourtant pas encore été évoquée :
LE NIVELLEMENT PAR LE BAS DU NIVEAU D’ENSEIGNEMENT SOUS PRETEXTE DU RESPECT D’EGALITE DES CHANCES.
C’est simple à expliquer : comme dans chaque classe, une partie des élèves a plus de mal à assimiler, ces élèves recoupant ceux qui ne sont pas suivis par les parents à la maison, l’éducation Nationale demande aux enseignants de donner les mêmes chances à tous. Elle demande aux enseignants de remplacer à l’école les carences de la maison.
Comment ?
En proposant une aide particulière à ces enfants pendant le temps scolaire ? NON, trop coûteux, les impôts ne peuvent servir cette cause juste.
En offrant une remise à niveau hors temps scolaire ? NON pour les mêmes raisons.
Alors plus simple et moins cher : baisser le niveau d’enseignement de tous, en retirant des heures d’enseignement de français et de maths pour privilégier l’aide aux devoirs pendant la classe en primaire, et la remédiation en secondaire.
En sachant très bien que ces modifications n’auront aucun effet positif sur les élèves en difficulté, car ils seront alors replacés dans les mêmes situations d’apprentissage ( groupe d’élèves trop important, impossibilité de mise en situation concrète etc ... ), donc face aux mêmes difficultés, avec les mêmes résultats.
En sachant parfaitement aussi que les autres, dont les enseignants ne doivent plus s’occuper pendant ces heures, pâtiront du non-enseignement, de l’abandon coupable de l’Education Nationale à leur égard.
En sachant aussi que cet abandon prive les élèves en difficulté d’une émulation par les meilleurs, d’un échange fertile entre ces deux niveaux.
Ajoutez à cela la mise au centre de l’enfant dans son apprentissage, qui le prive de toute maitrise du savoir, et vous aurez le résultat actuel : fabriquer de purs produits adaptables aux exigences de la mondialisation, pas trop instruits ( juste lire et compter ), et sans esprit critique.
Cette mise au centre de l’enfant ne lui permet, de fait, que de découvrir en passant les savoirs, et non de se les approprier par une lente confrontation avec ses propres données, à la mesure de ses efforts répétés, et de ses erreurs.
C’est un jeu de hasard où les perdants sont désignés d’avance. Mais où , de plus, les gagnants prévus manquent un peu plus à l’appel chaque année.