• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Signaler un abus

bcordelier 8 octobre 2007 10:53
bcordelier

@Aleks

Note personnelle : à la façon dont vous me répondez, très courtoisement, j’ai l’impression que nous avons déja dû nous croiser, mais je n’arrive pas à me souvenir précisément où (peut-être sous un pseudo différent... ?). Veuillez m’en pardonner. smiley

Sinon, sur quelques unes de vos réfutations :

[citation]« Avez-vous vu, en disons 2000 ans, une langue s’imposer grâce au seul commerce (ou au business, comme vous dites) ? Une langue n’est pas un système d’exploitation, un produit comme un autre. L’espéranto, comme vous le savez très bien, est la seule langue internationale non nationale, non officielle ayant un succès relatif actuellement, mais elle est loin, et sera loin de pouvoir concurrencer des langues nationales tant qu’elle restera une langue associative. Statut qu’elle a maintenant. »[/citation]

Pour prendre l’exemple de l’Afrique, le kiswahili, le lingala, le haoussa ou le diola sont des langues véhiculaires dont la grande extension est d’abord liée au commerce, en dehors de toute structure étatique ou d’enseignement. Mais passons.

Qu’une langue naturelle ne soit pas un produit, totalement d’accord. Par contre, une langue artificielle, c’est une problématique différente. Elle est un produit dans le sens où elle constitue une offre nouvelle à laquelle on essaie de générer et développer une demande en face. Si la demande préexistante sous-jacente à laquelle elle répond était si évidente et si large, en 20 ans l’affaire aurait été bouclée. Ce n’est pas le cas. A partir de là, il faut ramer pour remplir l’autre postulat possible : l’offre crée la demande. Nous sommes en plein dans une problématique de type économique classique. Une entreprise placée dans un tel schéma a alors trois alternatives potentielles pour se développer :

- faire de la croissance externe, en « rachetant » ou fédérant les concurrents. Ici, on penserait évidemment ido, interlingua, volapük, kotava, etc. Manifestement cela ne mène pas loin.

- faire de l’entrisme, en essayant d’imposer le produit comme maillon absolument indispensable, au sein de systèmes et de partenaires tiers à impact très large et disposant de situations déjà bien assises. C’est la voie « Micccrosssoft », exemple très édifiant, ou celle des centrales d’achat. Sauf que pour le premier, cela relève de la technique du « hold-up » qui ne peut réussir qu’au moment où émerge un phénomène massif. Ce qui a été tenté à une époque avec le projet, je ne sais plus trop son nom, de l’espéranto comme langue-pivot pour les traductions au sein de l’Union Européenne ; complètement abandonné à l’heure actuelle je crois.

Et quant au schéma « centrale d’achat » (type eeee-Baaay ou Ammmmazon pour tenter une comparaison pas trop éloignée), à mon avis une voie sur laquelle vous ne travaillez pas assez, un concept pourrait être celui de fédérer toutes les productions littéraires et intellectuelles privées publiées dans des langues à faible audience, en les traduisant en espéranto et ensuite en les mettant sur le marché mondial dans les grandes langues (à partir donc de la trad. espéranto), offrant ainsi une audience à tous ceux qui n’ont aucune chance d’être diffusés en dehors de leur petite langue. Service gratuit au départ pour lancer le truc, puis payant comme tout service offrant une plus-value. Faire l’inverse d’un wikkkipedia. Une telle idée suppose évidemment de disposer d’un bon paquet de traducteurs compétents en espéranto et donc, on retombe sur l’idée de la validation linguistique (et rémunérations à la clé).

- faire de la croissance interne. C’est celle qui reste quand les deux autres alternatives ne peuvent pas être mises en oeuvre. Et qui serait nécessaire pour une option 2b ci-dessus. C’est évidemment plus long, mais cela fait déjà 120 ans que ça dure. Générer son propre business, en en maîtrisant tous les échelons. Montez un Meeeeticcc en espéranto. A partir d’un certain volume, pas de problèmes pour le financer par la pub. Montez un Club Medesperanto en Hongrie ou ailleurs, cela marchera, etc. Jouez l’effet « communauté » à plein. Cela marche bien avec les ggayys.

L’espéranto, en tant que langue, n’est pas réductible à la seule dimension économique, ce serait l’affadir totalement et le priver à terme de sa justification même, néanmoins c’est un produit, et donc doit raisonner marché, solvabilité, valeur ajoutée marchandisable. Et, aujourd’hui, le commerce passe au dessus de la tête des états (au moins les petits et les moyens, France comprise).



Palmarès