@ Marsu
Tu as fait une excellente réponse à Ibraluzéteinte. T’as raison, le bougre est bien préparé. Les camps d’entrainement ne forment pas qu’à se faire sauter avec des bombes, il y a aussi des sections universitaires qui comptent bien distiller leur poison en Occident dans les esprits faibles qui peuvent se laisser circonvenir par un oeucuménisme d’autant plus mal digéré qu’il n’intéresse que les chrétiens ou ex-chrétiens naïfs. En plus de vingt-cinq ans de fréquentation du monde musulman, je n’en ai jamais rencontré un seul qui me pose une question sur la culture chrétienne, sur le détail d’un texte, sur un rituel. La plupart du temps, quand tu es invité chez un Maghrébin, son premier geste est d’allumer la télé ou de mettre de la musique. Jamais il ne te demandera si tu en as envie et surtout jamais il ne te demandera ce que tu aimes écouter. Je me suis vu des dizaines de fois planté devant des programmes débiles. Un des derniers exemples, c’est quand on m’a obligé à regarder à Tantan une cassette perso d’un mariage sahraoui. Pendant ce temps, tu dois t’enfiler trois (ou quatre, ça dépend comment on te considère) verres de thé particulièrement longs à préparer, et pas question d’en louper un, sinon c’est la pire des insultes. Un vrai cauchemar. D’abord parce que la musique sahraouie, ben, c’est pas très gai et pas très varié (exception faite d’une extraordinaire chanteuse incroyablement belle qui se nomme Al Malouma) mais se taper pendant une heure des tas de gros plans sur une centaine d’inconnus dont ton hôte te décline religieusement la généalogie comme si c’était la chose la plus extraordinaire du monde, ça n’a vraiment rien de bien excitant. Et avec ça, on voudrait nous faire croire que nous l’humanité a atteint là des sommets de raffinement civisationnel. Alors, quand tu es habitué à regarder depuis ta plus tendre enfance le monde bien en face, et que tu constates que rien n’est fait pour que de telles attitudes soient analysées avec la rigueur intellectuelle qu’elles méritent, tu te dis qu’il reste encore pas mal de boulot. Et c’est à ça que, dans la mesure de mes modestes moyens, je me suis attaché.
Bien à toi. Patrick Adam