Il est des évidences têtues : une société libre, consensuelle, démocratique, ne peut fonctionner que si les citoyens partagent les mêmes valeurs. Or les institutions actuelles, et singulièrement l’école, ont été dépossédées du pouvoir de transmettre cet héritage commun au profit d’une gouvernance molle. Il ne peut y avoir d’intégration réussie d’immigrés venus d’horizons très différents dans ces conditions là. Alors, incapables d’intégrer, on essaie de fermer les fronières.
Et le problème se corse quand on constate que les assocs qui défendent les immigrés et les sans-papier, loin d’être favorables à leur intégration, récusent ce terme, rejettent même la différenciation entre citoyens et non-citoyens, et sont dans une logique de ’réparation’ par rapport aux exactions vraies ou présumées, de la colonisation. L’immigré, pour toute cette frange de l’opinion, joue le rôle de figure christique qu’occupait jadis le prolétaire.