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Philippe Vassé 9 novembre 2007 14:52
Philippe Vassé

Cher Némo,

Je reçois bien et entends vos arguments.

L’euro peut monter indéfiniment, tout ira bien, selon vous : comment pouvez-vous assurer cette assertion ? Sur quels éléments concrets ? Et surtout jusqu’à quel niveau REEL où la démesure de la hausse engendrera la chute catastrophique en sens inverse ?

Les prix des matières premières augmente : pas pour tout le monde et pas uniformément selon les pays justement. Et il semble que ce n’est pas LE seul problème ACTUEL de l’économie, même si celui-ci retient votre attention personnelle du fait de la hausse des prix qui a déjà largement érodé le pouvoir d’achat en Europe et dans le monde.

Il y a aussi la crise bancaire et la crise financière internationale qui est derrière comme son ombre portée, la bulle des « subprimes » n’en étant qu’une partie apparente et n’étant pas de plus épuisée, loin de là, ainsi que les pages financières des journaux le montrent.

Il me semble que vous faites un peu trop d’orthodoxie « économique » alors que, maintenant, dans un monde multipolaire économiquement et politiquement, cette orthodoxie perd ses bases mêmes et doit se revisiter.

Les dirigeants chinois le soulignent : les temps ont changé, les ancens puissants sont affaiblis, les anciens faibles ont la force de frappe et en usent.

Ce n’est pas pour vous contredire, mais il me semble qu’il serait sage d’éviter de croire en des dogmes stables quand tout bouge et évolue, dans un sens où les critères valables du passé ne le sont plus, comme le démontre la force de frappe chinoise de 200 milliars de dollars pour acheter les sociétés européennes et américaines.

Il serait temps que nos « vieux économistes dépassé » -au sens intellectuel-, je parle surtout pour l’Europe, se réveillent et regardent les réalités nouvelles au lieu de répéter que tout est figé, compris, connu et prévisible quand tout leur ancien ordre des choses est en plein bouleversement.

En Asie, les réponses à la hausse des matières premières sont diverses selon les pays. Face à la crise bancaire, il en est de même. La tendance est à un interventionnisme renforcé de l’Etat comme en Chine, au Japon, en Thaïlande ou à Taiwan, pour ne citer que quelques-uns.

Les règles et les rapports de force changent. Est-ce le cas pour les économistes européens ?

Je n’en suis pas sûr.

Bien cordialement,



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