Chers lecteurs,
Après avoir lu les commentaires ci-dessus, je me permets quelques observations personnelles :
- Parler de l’euro est évidemment parler implicitement de la situation de l’UE -qui n’a rien de brillante par les temps qui courent-, de sa BCE qui règne en reine alors qu’il faudrait de l’intelligence compréhensive des changements mondiaux afin de les anticiper et non d’y réagir avec retard, de sa politique monétaire à court terme.
- Ce n’est nullement une critique envers personne, mais force est de noter que beaucoup de personne ont en Europe une vision europocentriste de l’économie mondiale et une approche « fixiste » alors que le monde présent bouge très vite et de façon peu prévisible.
- il se peut effectivement- les situations nouvelles appellent des solutions nouvelles- que le dollar déclinant, reflet d’un Etat américain qui décline relativement par rapport au reste du monde et par rapport à son poids passé laisse sa place non à l’euro, mais à un cartel monétaire pluriel. La situation actuelle est « fluide », mais penser l’euro comme un dogme absolu ne résout rien si on n’a pas à la BCE, par exemple, une approche aussi « fluide ».
- le monde multipolaire qui se construit sous nos yeux est marqué, entre autres choses, par la réduction croissante de la place économique REELLE de la zone euro dans l’économie mondiale, qu’on le veuille ou non. Joschka Fischer tançait hier l’UE pour sa faiblesse politique face à la Russie, mais son rapport constate de facto que la Russie est en plein rebond et dispose des atouts gaz et pétrole alors que la zone euro va de crise en crise pour des raisons structurelles politiques (absence d’homogénéité, intérêts internes antagoniques, dissensions stratégiques qui les reflètent, etc...).
- les manipulations monétaires et les déplacements massifs de capitaux seront, sur un l’avenir lisible, asiatiques (chinois surtout et japonais dans une moindre mesure) et arabes. A cette situation nouvelle qui est régie par des objectifs et des règles de fonctionnement qui échappent encore aux « économistes europocentristes » se rajoute la montée en puissance de la Russie et des pays pétro-gaziers d’Amérique du Sud, dont les influences et buts sur les marchés financiers ne sont nullement prévisibles, eux aussi.
- Une chose me frappe surtout dans cet aveuglement europocentriste et souligne bien que l’euro n’est ni une protection en rien, ni une garantie de rien pour l’avenir : les économistes européens, mais pas seulement eux- ont traité des années la Chine par exemple, comme auparavant les pays arabes pétroliers, voire plus récemment les pays émergents d’Amérique du Sud, comme des « marchés de type eldorado » pour LEURS entreprises EUROPEENNES. Or, la réalité est qu’aujourd’hui, ce sont les marchés européen et américain qui sont devenus un eldorado pour les entreprises chinoises, qui elles-memes achètent de plus massivement les sociétés européennes et américaines et dont lez fonds centralisés par ou sous l’égide de l’Etat chinois constituent des forces de frappe colossales et rapides, autant que mouvantes.
- Dernier point : j’avais mis de côté un des facteurs les plus essentiels de la crise financière qui se rapproche : le blanchiment massif d’argent sale par le système bancaire international et les pratiques bancaires douteuses.
Là aussi, je doute que l’euro et la BCE puissent jouer un rôle protecteur puisque la BCE laisse faire de nombreuses banques européennes sur le sujet, en parfaite connaissance des risques et des faits, malgré les textes exisxtants.
En résumé, ce que je perçois, est que la plupart des économistes et politiques européens vivent dans leurs têtes dans des schémas dépassés, de style 1944 ou 1971, mais qu’il leur est difficile d’accepter une réalité qu’ils se refusent à regarder : ni la zone euro, ni les Etats-Unis ne sont les maîtres du monde, et encore moins, de l’économie mondiale.
C’est une réalité pourtant...
Bien cordialement,
PS : je salue Némo au passage pour la qualité de ses interventions, bien que je sois largement en désaccord avec ses positions propres, aux motifs vus ci-dessus. Mais, j’apprécie son ton, son savoir et son respect des autres, ce qui donne sa qualité à un fil.
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