Il ne peut être contesté que depuis plusieurs mois Nicolas Sarkozy phagocyte les médias avec la complicité active de leurs dirigeants. Plus on le voit, plus on parle de lui, et mieux c’est, pense-t-il. Il ne manque plus que les Pom Pom Girls et les confettis et l’on sera en pleine campagne électorale « à l’américaine ».
Mais il y a un gros problème : la France n’est pas les Etats Unis !
A mon réveil, ce matin, j’ai entendu sur Télématin qu’un dernier sondage créditait Sarkozy de 52% des intentions de vote contre 48% à Ségolène. Nous sommes le 14 septembre et soudain j’ai repensé à l’élection présidentielle de 95.
En Novembre 94, d’après les politoloques avertis, les journalistes et observateurs politiques, l’élection présidentielle de 95 était jouée. Sa suffisance, que l’on voyait partout et devant lequel Claire Chazal se pâmait en faisant des yeux de biche, recueillait 58% d’intentions de vote. Et je me rappelle qu’à l’époque nos journaux regorgeaient d’articles consacrés au fait que notre Premier Ministre, Edouard Balladur, serait vraisemblablement le premier sous la Vème République à être élu Président au 1er tour tandis que son ami de trente ans se traînait lamentablement avec 15% d’opinions favorables.Et Arlette Chabot s’était même permise de suggérer à M. Chirac de se retirer de la course à l’Elysée, ce à quoi ce dernier lui avait répondu « j’espère que vous plaisantez ! »
Or, cinq mois plus tard le candidat Balladur lançait, depuis son QG, son tonitruant et désormais célèbre « Je vous demande de vous arrêter ! »
Les gesticulations et la voracité médiatique de Nicolas me font penser à la fable Monsieur de la Fontaine : « rien ne sert de courir, ..... ».
Les français, cher monsieur, sont un peuple perpétuellement en révolte, certes, mais ce sont des gens finalement réfléchis dont il faut se méfier. Il est fortement déconseillé de vouloir leur faire prendre des vessies pour des lanternes sans quoi, comme pendant la terreur, le couperet tombe.
Combien de fois faudra-t-il qu’ils se trompent pour que les sondeurs prennent enfin conscience que les sondés prennent un malin plaisir à se jouer de leurs analyses et que l’électorat peut être très volatile selon les circonstances du moment ?
Quant à moi, je salive à l’avance du plaisir que j’aurai, dans quelques mois, à comparer les commentaires de cette fin d’été avec les résultats du premier tour.