Je n’aime pas du tout Morandini pour sa condescendance mais il me semble qu’il faisait ce jour là une remarque assez utile au débat, qui ne portait pas sur le style propre à chacun, mais sur l’expérience et la méthodologie, la légitimité de la méthode de collecte de l’information... On ne s’improvise pas professionnel, on ne peut pas se vouloir médecin parce qu’on lit des encyclopédies médicales par exemple et on n’est pas journaliste parce qu’on écrirait (bien) à propos de l’actualité. Qui parmi les journalistes va vraiment se colleter au terrain pour chercher des informations inédites, faire sortir des informations locales qui en effet ne seraient pas traitées par la presse par manque de courage ? Qui est allé en Birmanie, quand tout le monde discutait et apportait des informations sur les tentatives pour ébranler le pouvoir ? Qui était présent sur le dernier raz-de-marée au Bangladesh ? Est-on dès lors journaliste ou simple commentateur ou diffuseur d’informations, que l’on rapporte avec d’autres normes ?