Léon,
L’article que vous signalez n’avait pas aussi échappé à mon attention de lecteur, mais n’ayant qu’une confiance limitée dans le sérieux de Courrier International, je me permets de relater ce que les visiteurs peuvent voir dans ce pays de leurs yeux, avec tout ce que cela signifie de possible subjectivité du regard.
Avant toute chose, il ne vous aura pas échappé que l’article de CI relatait des informations, largement reprises sur Wikipédia, et dont les sources avaient besoin d’être avérées, comme toute source en général.
Tout comme des gens comme moi, des journalistes du New York Times -NYT) ont été en visite libre en Tchétchénie pour voir les choses DE LEURS PROPRES YEUX.
D’autres journalistes allemands et asiatiques ont aussi fait le déplacement et notre point de vue est relativement commun sur les faits donnés que l’article tente de résumer.
Autre point sur les accompagnants des gens du NYT, ils étaient avec des membres de Fondations américaines proches des Républicains, ce qui en faisait des personnes peu suspectes de parti-pris pro-Poutine, pro-Kadyrov ou d’amitié envers les troupes russes.
Qu’avons-nous constaté sur place, avec nos différentes cultures et approches : 1) que Grozny et sa banlieue sont quasi-reconstruites et/ou réparées. Que les sites urbains sont en pleine reconstruction. 2) que l’économie semble- au vu des magasins et de leurs contenus- bien repartie. 3) que les services publics essentiels fonctionnent.
Comme eux, et malgré les barrières linguistiques, nous avons constaté que nombre de citoyens savaient que leur Président est loin d’être un démocrate- je l’ai dit et redit dans l’article- mais que la vie « normale » est de nouveau possible.
Sur le statut des femmes, je n’ai pas entendu les déclarations de Kadyrov sur le sujet. Une chose est sûre pour quiconque se promène dans Grozny, à moins que ces milices islamiques se soient cachées pour qu’on ne les voie pas : on ne les a pas vues.
Ce qui n’est guère étonnant pour les gens de culture connaissant un peu le pays, ce que CI a dû mal comprendre du fait d’un manque de savoir sur la région.
Kadyrov est un musulman - et encore, sa vraie foi semble plus être l’argent et le pouvoir- de tendance soufiste, et comme ami et protégé de Poutine, il est ennemi farouche de l’Islam wahabite.
On le voit donc mal, malgré tous ses défauts connus ou à découvrir- prôner la burka comme CI le laisse entendre par ignorance.
Ce dont il s’agit est d’un fichu traditionnel tchétchène qui fait référence plus au nationalisme prôné officiellement par le régime qu’à la religion. Cela relève donc plus d’un nationalisme promu qu’à une volonté d’imposer la Charia que les soufistes sont loin de soutenir !!!
Ceci étant dit, Grozny n’est pas un repaire de femmes voilées ou soumises, d’autant que la reconstruction de la ville a apporté de facto des populations...russes peu portées sur l’Islam !
Pour ceux qui veulent lire l’article de l’équipe américaine du NYT, qui reprend en gros ce que j’ai aussi constaté : il est paru le 8 octobre 2007 sous le titre en anglais : « Under Iron Rule, War-Torn Grozny Returns to Life », signe par C J Chivers
On y cite aussi les avis des « spécialistes républicains » qui, en dehors de leurs analyses politiques, ont constaté, sur les femmes, l’habitat, la reconstruction, l’économie et les services publics les mêmes choses que moi.
Je pense donc que CI devrait peut-être moins lire Wikipédia pour rédiger ses articles et dépenser un peu d’argent pour envoyer un(e) journaliste sur place.
A mon sens, la meilleure source, mais pas la plus complète, est : les yeux, les oreilles et la bouche pour communiquer sur place, sans oublier les pieds pour se déplacer, sans se contenter de sources non-vérifiées sur des faits parfois d’un comique réel pour des musulmans soufistes anti-wahabites.
Bien cordialement,
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