Merci, Gazi, pour la liste de films (je dois d’ailleurs en [re]voir certains).
Aveu : ce n’est que l’hiver dernier que j’ai consenti à voir La liste de Schindler. J’ai trouvé Le pianiste plus poignant.
Pour l’inspiration : l’univers axiologique de Littell est surtout sadien, vaguement "postmoderne" (après-culture, post-humain) avec un bon coup de pioche dans la fausse du Kulturpessimismus.
Comme le remarque Armand, on ne touche pas du doigt le Zeitgeist qui devrait marquer ou construire le personnage principal.
L’univers sadien (Littell a traduit du Sade) est en revanche là : inceste et culotte de fillette gazée, pénis turgescent et dégoulinant de sperme pour le supplicié, etc.)
(pourquoi pas une branlette dans les cavités orbitaires, histoire de mieux voir l’étendue du désastre ?)
Littell abuse de la figure du Civilisé barbare (le cruel marquis) amateur de Bach et de bon vin alors que les goûts frustres des nazis allaient surtout pour la musique (marches) militaires.
... et là on touche un point essentiel : la Culture. Il est peut-être plus gratifiant de se laisser piéger par l’identification entre un lecteur et le narrateur aryen qu’avec un bon massacreur de jeu video, un tueur en série de mégapole américaine, ou un tyran africain ou asiatique ...
Cette caricature de Übermensch nous survivra sans doute tant que de tels livres trouveront des oreilles attentives.