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Patrick Adam 19 septembre 2006 19:12
Patrick Adam

@ wrysia

Toutes les religions ont des comptes à rendre à l’histoire mais on s’en fout. C’est le présent qui nous importe le plus pour l’avenir de la planète, et le problème de l’islam aujourd’hui c’est qu’il a un sérieux problème avec ses écritures. La Bible qui est remplie de guerres et d’assassinat n’est pas la « parole de Dieu », à l’exception des dix commandements dictés à Moïse. Pour ce qui est des Evangiles, c’est plus flagrant encore. On dit que ces textes sont « inspirés » par Dieu, mais personne n’est obligé de le croire. Pour ce qui est du Coran, la problématique est totalement différente. Si c’est la parole de Dieu, on ne peut pas y toucher. Qu’est-ce qui reste alors pour faire passer les pillules les plus amères concernant la justification de la violence envers les ennemis qu’on y presque très fréquemment : seulement l’interprétation (d’autres diront la manipulation). Mais qu’on l’interpréte alors une bonne fois pour toutes ce texte et qu’on passe le message à tous les fous de Dieu et aux autres aussi, parce qu’il n’est pas juste de ne parler que des intégristes qui placent des bombes. Il y a aussi tous ceux veulent interdire la musique, le cinéma, les photos, les piscines mixtes, les baignades à la plage, les festivals de musique, ceux qui veulent expurger les bibliothèques qui déjà sont bien vides, ceux qui veulent tout contrôler, ce que tu penses, ce que tu dis, et jusqu’à ce que tu dois ressentir de la vie. Ces gens-là, chère wrysia, si tu ne les combats pas, ils te boufferont sans assaisonnement. Ils ne rêvent que de ça, en Egypte, au Maroc, en Turquie, en Tunisie. Ce sont des revanchards frustés qui sont prêts aux pires monstruosités. Et ça n’a rien à voir avec l’histoire.

Il existe une expérience célèbre qui traite du comportement humain. Elle a concerné des étudiants américains que l’on voulait faire réagir à la violence. Pour ce faire, on les a mis les uns après les autres devant génarateur électrique qui, au moyen d’une roue graduée qu’il suffisait de tourner, envoyait des décharges à un inconnu assis dans une autre pièce. On faisait aux étudiants croire que le but de l’expérience était d’étudier la quantité de douleur que le sujet pouvait encaisser, mais en fait elle consistait à étudier quelle quantité de violence un individu pouvait administrer quand il se sentait déchargé de sa responsabilité « coiffée » par l’autorité d’un supérieur (ici un « savant »). Les résultats ont été effrayants. Au début les étudiants osaient à peine tourner la manette, puis encouragés par le « supérieur », ils augmentaient les doses. Les doses étaient bien plus violentes que celles auxquelles les chercheurs s’attendaient. D’autant plus violentes quand le « son » avait été supprimé pour ne pas entendre les cris de souffrance. L’éloignement aussi était un facteur « agravant ». Beaucoup d’étudiants regardaient l’homme se tordre de douleur mais, pris par le « jeu », ils augmentaient sans cesse la dose...

Alors, l’histoire n’explique pas tout. Nous avons tous en nous une part de violence que nos sociétés nous apprennent à contrôler. Les appels au meurtre au nom du Coran se multiplient dans les mosquées et sur Internet. Ils ne viennent pas d’Orion ou du Centaure. Les gens qui « parlent au nom d’Allah » savent très bien ce qu’ils disent et ceux qui les écoutent aussi.

Toi, ainsi que Ka, tu as une vision intime de l’islam, pas une vision conquérante. Tu cherches dans le Coran une force et une paix intérieure qui te grandissent à tes propres yeux et, dans cette démarche, tu t’abstrais du regard des autres. Ce n’est malheureusement pas le cas de ceux qui soulèvent des foules hystériques pour ce qu’ils désignent eux-même comme un combat.

Bien à toi et à Ka - Patrick Adam



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